Bidule_carre_512pxMunicipales 2020 : du beau, du bio, de l'écolo au cœur des programmes

Bidule municipales 2020L’urgence climatique n’est apparemment plus un vain mot. En tout cas dans les programmes politiques des candidates aux municipales nantaises. Et plutôt sur le champ gauche de l’échiquier politique, où on rivalise d’idées « écolos ». Avant l’été, la sortante socialiste, Johanna Rolland, avait ouvert le bal en proposant la gratuité des transports en commun le week-end. Il y a trois semaines, elles renchérissait en annonçant la création de 150 îlots de fraîcheur et 75% de repas bio ou issus de l’agriculture locale dans les cantines. Mardi 5 novembre, c’était au tour de Julie Laernoes (EELV) et de Margot Mekdour (Nantes en commun) de dégainer leurs premières mesures, comme le rapportent Ouest-France et Presse-Océan. Et là encore, elles sont largement teintées de vert. Quand la première souhaite mettre en place un « bouclier écologique » à Nantes, la seconde parle, tout simplement, d’en faire « la ville de l’écologie solidaire ».

Concrètement qu’est ce que cela signifie ? Pour Julie Laernoes, cela passe par la rénovation du bâti – et notamment des 10 000 logements encore chauffés au fioul - pour préserver l’environnement et le porte-monnaie des ménages ; par la création d’un réseau cyclable plus dense ou encore l’instauration d’un dimanche par mois sans voiture. Nantes en commun et sa tête de liste Margot Mekdour, planchent de leur côté sur la création d’une régie alimentaire et agricole qui pourrait préempter et acheter des terres agricoles afin de favoriser l’accès de tous à une nourriture locale et de qualité (une idée qui, détail amusant, figure dans le programme de la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo) ; mais aussi par la création d’un fournisseur et producteur d’énergie locale ou encore par une augmentation du nombre de transports en commun et des pistes cyclables.

Des trois côtés, reste encore à étudier, développer et chiffrer la plupart de ces idées. Mais une chose est certaine : cette campagne municipale sera teintée de 50 nuances de vert.

 


Bidule_carre_512pxL'ombre de BFM plane sur TéléNantes

TéléNantes deviendra-t-elle BFM Nantes ? C’est possible, si l'on en croit un article du Journal du Dimanche, paru le 2 novembre dernier. L'hebdomadaire annonce l’entrée d’Altice France (propriétaire de BFM TV) au capital du réseau de télévisions locales "Via", dont fait partie TéléNantes. Selon le JDD, Altice France en rachèterait 50 % des parts. L’annonce devrait avoir lieu en décembre.

Une information nuancée par Dominique Luneau, le directeur de la chaîne de télévision nantaise. « Des rapprochements entre Altice et Via sont effectivement prévus mais pas d’entrée au capital », explique-t-il. Pourtant, Altice pourrait bien être le sauveur du jeune réseau "Via" créé en 2017 par l’homme d’affaires Bruno Ledoux et le publicitaire montpelliérain, Christophe Musset. Via affirme rassembler 22 chaînes mais seule une dizaine ont fait le pas du changement de nom et du partage de programmes. Les autres, comme Télénantes, sont dans l’attente « d’éléments structurants sur le réseau », comme l’avoue Dominique Luneau qui poursuit : « Sur le papier, le projet Via nous semble pertinent mais nous attendons des programmes susceptibles d’apporter de l’audience, une régie publicitaire et un réseau technique crédibles. »

En décembre, Via devrait présenter son partenariat avec BFM TV. Les télévisions du réseau devront alors choisir : s’impliquer ou non. « Nous ferons notre choix en fonction de trois critères : un positionnement clair d’une chaîne d’info locale, l’indépendance éditoriale et l’équilibre financier », précise Dominique Luneau. Des critères qui collent parfaitement à la convention d’objectifs et de moyens signés entre Télénantes et Nantes Métropole, qui versera 1,3 millions d’euros de subventions à la chaîne cette année. 

L’appétit féroce de BFM TV pour l’info locale pourrait néanmoins conduire les dirigeants de TéléNantes à céder aux chants des sirènes du leader de l’info télévisuelle en continu, au risque de se voir imposer BFM TV dans l’agglomération nantaise en concurrence directe. Le voisin TV Vendée adopte la même posture : l’attente. « Pour le moment, nous observons le réseau Via sans y adhérer, explique Hervé le Roch, le directeur de TV Vendée. Nous venons de réformer complètement notre matinale avec un journal local tous les quarts d’heure. La proximité et le direct, ce sont nos deux priorités. » Bref, un peu ce que promettent les patrons d’Altice. A.T.

 


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Un fils de Philippe de Villiers dans les valises de Macron

On aurait pu appeler ça "Les Tribulations d’un Villiers en Chine". Après le père, Philippe de Villiers, 70 ans, retraité de la politique et ami déçu du président Emmanuel Macron, demandez le fils, Nicolas de Villiers, 40 ans, président de la SAS Grand Parc du Puy du Fou. C’est par un fier communiqué que ledit parc à thèmes, qui fête cette année ses 41 ans d’existence aux Epesses (Vendée), annonce que « Le Chef de l’État a invité Nicolas de Villiers à participer à son voyage officiel en Chine du 4 au 6 novembre. Un contrat stratégique pour l’avenir du Puy du Fou en Chine sera signé lors de ce voyage. » Soit le projet de construction d'un complexe de loisirs à Qinhuangdao (nord-est de la Chine), face à la Grande Muraille, comprenant grand spectacle, hôtel, restaurant et village "d’époque". Budget total pour l’heure, 230 millions d’euros, pour une première représentation espérée en 2022. Un projet présenté lors du dîner d’État du 25 mars dernier, organisé à l’Élysée en l’honneur du Président de la République populaire de Chine Xi Jinping, auquel 200 personnes avaient été conviées dont le Vendéen Nicolas de Villiers. La duplication internationale du Puy du Fou s’est pour l’instant limitée au spectacle El Sueño de Toledo, donnée dans le centre de l’Espagne pour la première fois cet été. La construction de deux parcs à thèmes russes (à côté de Moscou et en Crimée), voulue par Vladimir Poutine, est, elle, tombée à l’eau il y a deux ans, sur fond de tensions diplomatiques entre la France et la Russie. T.D.

 


Bidule_carre_512px4,5 à 7 milliards d'euros pour Nantes-Atlantique

Après les tergiversations, les consultations et les renoncements, l’Etat semble décidé à passer à la vitesse supérieure dans le dossier aéroportuaire nantais. Quelques jours à peine après avoir résilié la concession le liant à Vinci pour la construction de Notre-Dame-des-Landes et l’exploitation de Nantes-Atlantique (lire L’œil de Mediacités du 31 octobre), le gouvernement cherche un successeur au géant français du BTP. Comme l’indique Ouest-France, le bulletin officiel des annonces des marchés publics publiait le jeudi 31 octobre un appel d’offre à concurrence. Son objet ? La « conception, le financement et la réalisation des travaux de réaménagement de l’aérodrome de Nantes-Atlantique, ainsi que l’exploitation, le développement, l’entretien, le renouvellement et la maintenance des aérodromes de Nantes-Atlantique et de Saint-Nazaire Montoir ».

Les entreprises ont jusqu’au 7 janvier prochain pour se porter candidates. Elles devront avoir les reins solides. Si l’État évalue la valeur totale de la concession entre 4,5 et 7 milliards d’euros (soit le chiffre d’affaire hors taxe que la gestion des deux aéroports pourrait rapporter au concessionnaire durant les 30 ou 40 années d’exploitation), il chiffre aussi les investissement nécessaires pour réaliser le réaménagement de Nantes-Atlantique : 450 millions hors taxe, soit près de 550 millions TTC.

Une jolie somme que le futur exploitant pourrait ne pas avoir à débourser en totalité. En effet, dans les documents complémentaires à l’avis, on trouve un petit alinéa concernant la cagnotte accumulée par Vinci en vue de la réalisation de Notre-Dame-des-Landes et donc non dépensée jusqu’ici. « L’État fera bénéficier le nouveau concessionnaire de sommes accumulées par la concession actuelle (de l’ordre de 100 millions d’euros fin 2021) en vue de la réalisation des investissements aéroportuaires », est-il écrit. L’histoire ne dit pas ce qu’il en adviendra si Vinci est à nouveau candidat et remporte la concession…

 


Bidule_carre_512pxCHU à un milliard : les inquiétudes de la CGT

Un milliard d’euros… Projet hors norme ou non, l’énormité de la somme à investir pour construire le futur CHU de Nantes soulève, fatalement et légitimement, une myriade de questions. Nous les soulevions avant l’été dans l’un des volets de notre enquête consacrée au pharaonique projet nantais. Les voilà de retour sur le devant de la scène cette semaine, alors que la CGT (majoritaire dans l’établissement) s’inquiète du risque que font peser sur les finances de l’hôpital quatre emprunts toxiques contractés il y a plus de dix ans. Comme l’explique son secrétaire général, Olivier Terrien, à Presse-Océan, cette dette de 40 millions (sur un encours total de 219,76 millions) fait craindre au syndicat « de nouvelles années noires » sur le front de l’emploi et fait planer le doute sur la capacité du CHU à financer son nouveau bâtiment.

Le syndicat – qui a toujours préféré un regroupement à Saint-Herblain sur le site de l’hôpital Nord plutôt que la délocalisation sur l’île de Nantes - exige ainsi le lancement d’une étude indépendante sur la question et s’inquiète des éventuels surcoûts du chantier. Dans Presse-Océan, toujours, la direction se veut rassurante. « On n’est pas encore sur une situation totalement assainie mais de nettes améliorations ont été enregistrées », certifie au quotidien Sophie Douté, la “responsable du pôle pilotage de l’efficience et des ressources financières du CHU”. Reste que, selon ses plans, la dette de l’hôpital aura été multipliée par trois une fois le déménagement achevé. Par trois... au minimum, puisque des zones d’ombre planent encore sur la facture totale, comme nous l’indiquions dans notre enquête. Au niveau de la facture d’équipement, notamment, qui semble largement sous-évaluée…

https://www.mediacites.fr/nantes/dossier/chu-nantes/

 


Bidule_carre_512pxNantes et la Loire-Atlantique sous les eaux en 2050 ?

C’est une carte en forme de cri d’alarme. Aussi impressionnante qu’inquiétante. Mise en ligne en fin de semaine dernière par l’institut de recherches américain Climate Central, elle réévalue à la hausse les zones géographiques qui pourraient être confrontées à des inondations annuelles liées à l’élévation du niveau de la mer d’ici à 2050. Dans trente ans – demain, donc –, 300 millions de personnes à l’échelle de la planète (contre 80 millions d’après les estimations précédentes) pourraient être confrontées chaque année au phénomène. Donc un million en France, où les zones les plus exposées se trouvent sur la façade Atlantique, Loire-Atlantique, Charente-Maritime et dans le Nord et Pas-de-Calais.

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Capture Climate Central

Trois fois plus pessimistes que les prévisions du Giec, ces données nouvelles s’appuient pourtant sur les mêmes prévisions en terme de changement climatique. La différence est liée à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour corriger les mesures du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. « Pour la majorité des zones côtières à travers le Globe, nous ne connaissions pas la hauteur du sol sous nos pieds », explique à l’AFP Ben Strauss, co-auteur de l’étude et président de l’institut de recherches américain. La faute aux satellites de la Nasa qui confondait parfois des toits et des arbres avec le niveau du sol. « Lorsque nous utilisons nos nouvelles données concernant le relief, nous trouvons beaucoup plus de gens vivant dans des régions vulnérables que ce que nous estimions jusqu’à présent », poursuit-il.

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Capture Climate Central

De fait, la carte de Loire-Atlantique est sans équivoque. Si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel, c’est bien tout l’estuaire de la Loire qui pourrait annuellement avoir les pieds dans l’eau, de Saint-Nazaire à Ancenis, en passant par Couëron, Saint-Herblain, Rezé, Sainte-Luce-sur-Loire, Basse-Goulaine et bien sûr Nantes, le quartier Feydeau, la gare, Malakoff et la quasi-totalité de l’île de Nantes.

Carte Vendée
Capture Climate Central

Dans le sud du département, Bourgneuf-en-Retz ou Machecoul se retrouveraient sous les eaux, tandis que sur le littoral vendéen durement touché, il faudrait désormais parler de l’île de Saint-Gilles-Croix-de-Vie… Alarmiste ? Sans doute un peu, car la carte ne tient pas compte des mesures qui pourraient être mise en place pour contrer la hausse du niveau de la mer. Mais elle n'en reste pas moins indispensable pour inciter à la vigilance.

 


Bidule_carre_512pxC'est rare : Nantes à la traîne d'un classement d'attractivité

Certes, ce n’est qu’un énième palmarès. Bien sûr, comme beaucoup d’autres, sa valeur scientifique est proche de zéro. Mais il a néanmoins un mérite : mettre en rapport des données liées à l’emploi et au pouvoir d’achat immobilier pour établir le classement des villes dont les habitants ont le plus de chance de concilier accès à un emploi pérenne et à un logement abordable. Bref, résoudre la quadrature du cercle, en quelque sorte.

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Carte Jobijoba - Meilleurstaux.com

Mis au point par les sites meilleurtaux.com (immobilier) et Jobijoba (recherche d’emploi), cet indicateur Live & Work « démontre que les villes « tendance » du moment n'offrent pas toujours le meilleur compromis en termes d'emploi et de logement ». Illustration avec Nantes : habitué à truster les premières places des classements des « villes où ils fait bon vivre » et autres « métropoles attractives », la ville n’occupe cette fois-ci que la 21e place sur 30. Derrière Lyon (6e), Angers (13e), Lille (14e), Rennes (15e), Toulouse (16e) et même Bordeaux (20e). Aussi anecdotique et limité soit-il, ce palmarès reste révélateur d’une réalité : l’explosion des prix de l’immobilier pourrait, à terme, devenir un frein à l’attractivité nantaise pour les employeurs comme pour leurs employés.

 


Bidule_carre_512pxQuand un maître de la SF parle de Nantes

Paris-LVMH, NestLyon ou Lille-Auchan... Dans son dernier roman, Les Furtifs, Alain Damasio imagine nos villes de 2040 vendues et gérées par de grandes entreprises leur ayant donné leur nom... S'il n'a (malheureusement) pas poussé l'exercice jusqu'à renommer Nantes (si vous avez des idées, les commentaires vous sont ouverts...), le maître français de la science-fiction a tout de même troussé un joli compliment au public venu l'écouter lors de son passage au festival Utopiales qui se tenait le week-end dernier à la Cité des congrès. « Il y a ici une belle jeunesse, un public intelligent, politisé, une jeunesse étudiante super intéressante, avec cette grâce de l’énergie qui bâtit des mondes », explique-t-il à Presse-Océan. Un monde c'est justement ce que construit son volumineux roman, qui nous plonge dans une France d'après-demain, dans laquelle nous avons laissé, dans une forme d’aliénation consentie, les grandes sociétés privés prendre le contrôle de nos données personnelles, de nos villes et finalement de nos vies. Une dystopie fascinante qui ouvre la réflexion sur notre univers connecté, sur les « smart-cities » et sur la privatisation croissante des villes dont il nous avait parlé dans un grand entretien publié en juin dernier à retrouver ici.

https://www.mediacites.fr/interview/national/2019/06/17/alain-damasio-jobserve-une-privatisation-croissante-de-nos-villes/