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Des enquêtes préliminaires en cours contre deux anciens directeurs de l'abbaye de Fontevraud

Ceux qui doutaient encore de l’intérêt des Chambres Régionales des Comptes vont être convaincus… Le Conseil Régional des Pays de la Loire a, en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale, signalé au Procureur de la République d’Angers des faits délictueux imputables aux deux anciens directeurs de l’abbaye royale de Fontevraud dans le Maine et Loire. Pour cela, il s’est appuyé sur un audit interne mais surtout sur des rapports de la Chambre Régionale des Comptes des Pays de la Loire. Des enquêtes préliminaires sont donc lancées contre ces deux anciens directeurs.

Ce n’est pas un mais quatre rapports de la Chambre qui épinglent sévèrement en 2018 et 2019 les structures qui gèrent cette ancienne abbaye bénédictine devenue centre culturel. Des structures (Groupement d’intérêt économique, société publique régionale, société par actions simplifiée unipersonnelle et l’association du centre culturel) financées en grande partie par le Conseil Régional des Pays de la Loire

Dépenses irrégulières, salaires et primes indus, procédures d’achats hors la loi…

Entre 2012 et 2017, la Chambre relève notamment des niveaux de rémunérations des dirigeants et des primes très généreuses ainsi que des achats… surprenants. Comme par exemple un mini-bus autonome interdit à la circulation mais acheté 275 000 euros, une poubelle à 1 255 euros, un rameur à 1 300 euros ou les frais de nettoyage d’une voiture personnelle à … 1 900 euros.

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L'abbaye royale de Fontevraud. / Photo : Coyau / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0

Ces alertes de la Chambre Régionale des Comptes ont conduit le Conseil Régional des Pays de la Loire à diligenter en 2018 son propre audit interne. Résultat : une confirmation des « manquements graves » et le licenciement du directeur, Antoine Godbert, pourtant recruté deux ans auparavant par le nouveau président de Région Bruno Retailleau. De son côté, Antoine Godbert, dénonçait alors dans la presse (Ouest-France du 31/10/2018) la « violence des procédures » et renvoyait les responsabilités à son prédécesseur David Martin. Cet ancien chef de cabinet au secrétariat d’Etat de l’économie sociale et solidaire dans le gouvernement Jospin a été recruté par l’ex Président de la Région, Jacques Auxiette. La grande partie des griefs des rapports de la Chambre Régionale des Comptes concerne en effet la gestion de David Martin, aujourd’hui directeur de son propre cabinet de conseil.

Antoine Godbert, quant à lui, a retrouvé un poste de directeur au sein des équipes du Défenseur des droits. La semaine dernière, la Région a annoncé le recrutement d’un nouveau directeur : Martin Morillon. Cet ancien ténor de l’Orchestre de Paris a dirigé le Vendéspace près de La Roche-sur-Yon puis Anjou théâtre à partir de 2016. Peut-être trouvera-t-il la voie pour recréer à Fontevraud une rigueur et une sérénité bien plus monastiques. A.T.


Bidule_carre_512pxMunicipales 2020 - Explosion à la mairie de Nantes Sud : un enjeu pour Garnier, Oppelt et Rolland

Bidule municipales 2020« ça dit quelque chose de la situation qu’on connaît à Nantes en terme d’insécurité »… Invitée de la matinale de France Bleu Loire Océan, mercredi 18 décembre, voilà comment Laurence Garnier réagissait à une question sur l’explosion criminelle qui a frappé la mairie de Nantes Sud dans la nuit de lundi à mardi. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour aiguiser la curiosité de l’auditeur. L’oreille bien tendue, nous attendions donc de savoir ce que cet événement – assez exceptionnel, somme toute – « disait » de l’insécurité à Nantes, des cambriolages, des règlements de compte, des agressions, des vols, etc... Las, la candidate LR à la mairie n’en « dira » pas plus, se contentant ensuite de dérouler le discours de campagne qu’elle martèle sur le thème depuis un moment déjà.

En attendant les résultats de l’enquête – qui, eux, « diront » sans doute s’il existe effectivement des liens entre cet acte criminel et les problèmes de sécurité nantais – il faudra donc se contenter d’observer ce que « disent » les réactions politiques à cet événement. Elles confirment que le thème de la sécurité s’est bel et bien incrusté au cœur de la campagne. Par la voix de son correspondant à Rennes, Libération en faisait d’ailleurs état jeudi dernier (12 décembre), en notant qu’il avait « relégu(é) au second plan les deux autres préoccupations majeures des Nantais que sont l’écologie et l’emploi ».

Il s’est si bien incrusté que l’explosion de lundi soir - dont on ne connaît pourtant ni les auteurs, ni leurs motivations - a été immédiatement intégrée par une bonne partie des candidates à leurs argumentaires de campagne. Ce fut le cas de Laurence Garnier, on l’a vu. Mais également de Johanna Rolland qui, à l’occasion d’une conversation avec le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a rappelé ses demandes répétées à l’État de moyens policiers supplémentaires.

La maire sortante ayant eu l’oreille d’un ministre, la candidate et députée de la majorité macroniste ne pouvait faire moins que dégainer le sien. Dans un communiqué, Valérie Oppelt précisait ainsi avoir « immédiatement interpellé le secrétaire d’État auprès du ministre de l'intérieur, Monsieur Laurent Nunez », rappelant au passage « être en relation directe avec lui ». Avant d’enquiller, trois lignes plus loin, avec le rappel de ses propositions électorales en matière de sécurité, parmi lesquelles la création d’une brigade de nuit.


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Municipales 2020 - 300 cambriolages par mois... Que vaut le chiffre de Laurence Garnier ?

Bidule municipales 2020Dans la même interview à France Bleu, pour illustrer ce qu’elle appelle « l’explosion de l’insécurité » à Nantes ces dernières années, Laurence Garnier avance – entre autres chiffres – celui de 300 cambriolages par mois. Soit une bonne dizaine par jour. Cela vous paraît beaucoup ? La candidate LR a beau compter sur cette question de la sécurité pour l'emporter en mars prochain, il semble pourtant en deçà de la réalité. Si l’on en croit les chiffres des crimes et délits recensés par le ministère de l’Intérieur dans la circonscription de sécurité publique de Nantes, en tout cas. Selon ces statistiques - toujours à prendre avec de prudentes pincettes, comme l’expliquent régulièrement les sociologues et spécialistes de la matière – les policiers en ont dénombré 4 920 en 2018. Soit 410 par mois. Un chiffre qui compile quatre catégories différentes : les cambriolages de résidences principales (2863, soit 58,1 % du total), de résidences secondaires (88 – 1,8 %), de locaux industriels, commerciaux ou financiers (1 100 – 22,4 %) et d’énigmatiques « autres lieux » (869 - 17,7 %).

Bref, si l’on tient compte des seuls cambriolages de domicile (résidences principales et secondaires), Laurence Garnier gonfle un peu les chiffres (246 par mois d’après la place Beauvau). Et les minore si l’on additionne la totalité des cambriolages commis l'an dernier à Nantes. En 2014, lorsque Johanna Rolland accède au fauteuil de maire, le chiffre atteignait déjà 4 539. Soit un peu plus de 378 par mois. En quatre ans, la hausse est de 8,4%. Une explosion toute relative si on la compare à d'autres métropoles qui enregistrent des poussées supérieures ou équivalentes. En 2018, Nantes a ainsi connu 16 cambriolages pour 1 000 habitants. C’est moins bien que Toulouse (12,4 ‰), mais mieux que Lyon (22,1 ‰) ou Lille (22,5 ‰).


Bidule_carre_512pxMunicipales 2020 - Quand Johanna Rolland fait du Benoit Hamon

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Garantir « un panier de services minimum à moins de 30 minutes du domicile de chaque Français »… Ceux qui ont suivi attentivement la campagne de Benoit Hamon en 2017 s’en souviendront peut-être : la proposition faisait partie du programme du candidat socialiste à l’élection présidentielle. Lundi 16 décembre, en présentant une nouvelle batterie de promesses de campagne (comprenant, entre autres, la création de 700 places en crèche, de 5 000 logements sociaux et de divers équipements culturels et sportifs) Johanna Rolland a proposé peu ou prou la même chose, mais à l’échelle municipale. « Je m’engage à faire de Nantes la ville du quart d’heure, la ville des quartiers à portée de main », a expliqué la maire (PS) sortante de Nantes, comme le rapporte Ouest France.

La « ville du quart d’heure »… L’expression est un brin techno mais correspond à une tendance plutôt en vogue chez les urbanistes ces dernières années. Comme dans le cas de Benoit Hamon pour les Français, il s’agit de permettre aux habitants des villes de disposer d’une batterie de services de proximité à moins d’un quart d’heure à pied de chez eux. Une façon de pallier à la croissance tentaculaire des villes et de lutter contre l’allongement des déplacements, en recréant une ville « à taille humaine » mais à l’échelle du quartier. De Paris à Bordeaux, en passant par Rennes, Barcelone et Tokyo, l’expression fait florès un peu partout, parfois accolée à celle de « territoire de la demi-heure ». Une chose est sûre : elle n’avait pas franchement réussi à Benoit Hamon en 2017…
 


Bidule_carre_512pxBrétignolles-sur-Mer : Christophe Chabot saisit la justice pour expulser les zadistes anti-port

Le long portrait que nous lui avons consacré il y a deux semaines l’avait largement démontré : quand il s’agit de son projet de construction d’un port de plaisance à Brétignolles, le maire de la commune et patron des vérandas Akena a de la suite dans les idées. Nouvelle illustration cette semaine à la lecture d’un communiqué envoyé par ses soins selon lequel la ville et l’Association départementale de parents et d’amis des personnes handicapées mentales de Seine-et-Marne (Adapei 77) ont saisi le Tribunal de grande instance des Sables-d’Olonnes. Le but ? Obtenir l’expulsion des opposants au projet qui occupent deux bâtiments appartenant à la commune et à l’association depuis la création de la ZAD de la Dune en novembre dernier.

La requête a apparemment porté ses fruits puisque mardi 17 décembre Christophe Chabot reprenait la plume. Le tribunal « ayant considéré que ces occupations constituent des troubles manifestement illicites, a ordonné l’expulsion de tous les occupants et biens sur les parcelles communales concernées et celle appartenant à l’ADAPEI 77 », se félicite-t-il. Un communiqué en forme de signal d’alarme pour les zadistes qui, sur les réseaux sociaux ont immédiatement appelé leurs soutiens à les rejoindre « en masse, pour s’opposer à l’expulsion ».

Une expulsion qui, pour le moment reste encore hypothétique. Comme il le note dans son texte, Christophe Chabot pourrait avoir besoin du concours des forces de l’ordre pour y parvenir. Mardi, il devait encore « prendre l’attache de la Préfecture » (sic) pour l’obtenir.

https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2019/12/05/maire-de-bretignolles-et-roi-des-verandas-christophe-chabot-veut-son-port-a-tout-prix/


Bidule_carre_512pxUne étudiante nantaise en lutte contre l'excision

« Je ne fais pas beaucoup de choses de mon âge car je mets toutes mes forces ailleurs »… Ailleurs, c’est ce combat contre l’excision et pour le droit des femmes à disposer de leur corps, que mène Fatoumata Gassama, étudiante nantaise de 21 ans dont La Croix dressait le portrait dans son édition du lundi 16 décembre. Sous la plume de Florence Pagneux (qui collabore également avec Mediacités), le quotidien décrit le parcours de cette jeune femme née en Charente et qui a échappé à cette mutilation, contrairement à 80 % de son entourage. Un fléau et un tabou contre laquelle elle a décidé de lutter en concevant une exposition et un jeu de société destiné à sensibiliser les jeunes. A lire.

Benjamin Peyrel  et  Antony Torzec
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.