L’écologie n'est-elle qu'un « problème de riches » ? Pas vraiment… L’ouvrage « Inégalités environnementales » coordonné par Catherine Larrère, professeure émerite à l'université Paris-1, démontre que les pauvres sont les premières victimes de la crise environnementale. Et, statistiques à l’appui, que nombre de politiques environnementales s’avèrent profondément inégalitaires. Entretien.

A Toulouse, la pollution touche d’abord et avant tout les banlieues populaires, notamment le quartier de Bordelongue. Etes-vous surprise par les conclusions de notre enquête ?

Absolument pas, et sachez que Toulouse n’est pas une exception. Loin de là. La géographie sociale de la région parisienne par exemple, avec les pauvres à l’Est et les riches à l’Ouest, est intimement liée à la pollution de l’air et à l’orientation des vents. Partout, les populations exposées aux grandes catastrophes naturelles comme aux plus petits risques sanitaires sont très souvent les plus pauvres, les moins résilientes.

Pire : ces inégalités environnementales – qui recoupent et renforcent les inégalités sociales – s’aggravent d’année en année. Si vous habitez à Saint-Denis, vous avez en effet plus de risques de voir s’implanter près de chez vous un incinérateur ou un dépôt d’ordures qu'en résidant à Neuilly-sur-Seine. Du fait des prix du foncier – moins élevés –, mais aussi parce que les précaires disposent rarement du pouvoir politique de dire « Non » et sont, en outre, plus à m . . .

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