Confinement : est‐il préférable de porter un masque pour sortir ?

Masque de protection respiratoire. Photo : Polina Tankilevitch/ Pexel.

Question d’Anouck :

Bonjour, je constate des comportements et des consignes variables concernant le port du masque : est‐il préférable d’en porter un en sortie quand on ne présente pas de symptômes ? Étant entendu que la question cruciale est celle des stocks, qui doivent être destinés en priorité aux soignants et aux hôpitaux, est‐il utile d’avoir un masque artisanal ou un foulard autour de la bouche si l’on respecte par ailleurs les consignes de sécurité et les gestes barrières ?

Bonjour,

Concernant les masques de protection respiratoire et chirurgicaux, le ministre des Solidarités et de la Santé s’est montré clair, le 19 mars, lors des questions au gouvernement. « Celles et ceux qui ne se voient pas recommander l’utilisation des masques, ne doivent pas en porter », a déclaré Olivier Véran. « Les masques chirurgicaux et FFP2 sont des biens précieux, indispensables et vitaux que nous devons utiliser avec la plus grande parcimonie », a‑t‐il ajouté. Ainsi, outre les professionnels de santé, nécessitant une évidente protection, les masques sont réservés aux malades et à ceux qui les côtoient directement.

Pour toutes les autres personnes, la consigne officielle du gouvernement est que « les gestes barrières et le respect du confinement suffisent. » La vente des masques est d’ailleurs strictement encadrée. Ils ne sont accessibles au grand public que sur ordonnance.
Des mesures justifiées avant tout par la pénurie de masques. Celle‐ci provoque la colère des différents représentants des corps médicaux, premiers exposés. Suite aux crises sanitaire de 2011 et 2013, comme l’explique LCI, la décision à été prise de ne plus conserver de stock national, en comptant sur la réactivité des usines chinoises. Problème : celles‐ci ont été les premières impactées par la crise du Covid‐19.

Si vous êtes en bonne santé, vous ne devez utiliser un masque que si vous vous occupez d’une personne présumée infectée par le 2019‑nCoV

Si les consignes du gouvernement semblent avant tout justifiées par la faiblesse des stocks de masques en France, l’Organisation Mondiale de la Santé va dans le sens des autorités françaises. « Si vous êtes en bonne santé, vous ne devez utiliser un masque que si vous vous occupez d’une personne présumée infectée par le 2019‑nCoV », précise le site de l’organisation onusienne dans une note de conseils au grand public « Quand et comment utiliser un masque. »

Les Echos passent en revue l’efficacité des différents types de masques. « Le masque chirurgical ne protège que de l’intérieur vers l’extérieur, il n’empêche pas celui qui le porte d’être potentiellement contaminé par le virus, il ne sert donc à rien d’en porter dans la rue » explique le quotidien économique. Les masques FFP, eux, « protègent à la fois contre la transmission par voie aérienne ou gouttelettes et contre l’inhalation potentielle du virus. »

Porter un masque n’est toutefois pas la panacée : il ne dispense de se laver fréquemment les mains avec du savon ou une solution hydroalcoolique. Et une mauvaise utilisation peut même s’avérer dangereuse. « Les gens sont tout le temps en train de manipuler leur masque (…) et c’est potentiellement en le manipulant qu’on se contamine, puisque par hasard si on a croisé le virus, il y a du virus sur le masque », explique ainsi à France Bleu le Directeur général de la Santé en France, Jérôme Salomon. La Direction Générale de la Santé pubie d’ailleurs des recommandations pour utiliser un masque sans risques.

Attention aux masques faits maison

Concernant des alternatives de masques « faits maison », il est vrai que des organismes et des professionnels de santé proposent des tutoriels pour s’en confectionner. Parmi eux, raconte LCI, le CHU de Grenoble ou encore le professeur Daniel Garin via une vidéo YouTube. Mais ces initiatives sont très critiquées dans le milieu médical. Comme l’explique au Monde le CHU de Strasbourg : « Nous n’acceptons pas ces masques qui ne sont pas utilisables en milieu hospitalier ni ailleurs, car ils ne procurent pas une protection certaine. »

Interrogé par l’AFP sur la question, la Direction Générale de la Santé (DGS) s’appuie sur une étude de 2008 pour nuancer les bienfaits de ces masques artisanaux qui, certes, « peuvent participer à une diminution de la transmission du virus par les personnes malades » mais restent d’une faible efficacité. La DGS alerte surtout sur le « faux sentiment de sécurité » que peuvent faire naitre les masques faits‐maison, pouvant se révéler contre‐productif. Une fois encore, les gestes barrières restent indispensables.

Romain Bizeul

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Point final.