Désillusion à gauche. « Ce qui fait chier, c’est que j’y ai cru ». Le rire jaune, Kil, 27 ans, pensait « fêter la victoire », en venant au Dalidark, où une soirée électorale était organisée ce dimanche soir, dans le quartier de Saint‐Cyprien à Toulouse.
Pour Kil, comme pour la masse de clients serrée dans l’établissement et sur sa terrasse, la soirée avait plutôt bien commencé avec les victoires des socialistes Benoît Payan, à Marseille et Emmanuel Grégoire, à Paris, et de celle de l’écologiste Grégory Doucet, à Lyon. Les premières estimations toulousaines, apparues vers 21 h, provoquent une douche froide : Jean‐Luc Moudenc est à plus de 53 % des suffrages exprimés, bien devant François Piquemal (46 %).
« Dehors Moudenc ! Mais comment il arrive à 53 % ? », s’emporte Audrey, 34 ans, depuis le comptoir. Sidérée, elle est d’abord dans l’incompréhension des résultats : « Je ne comprends pas comment Jean‐Luc Moudenc gagne à chaque fois alors que Toulouse vote majoritairement de gauche à la présidentielle. » Mais Audrey finit par trouver une explication : « Les partisans du Parti socialiste (PS) n’ont pas accepté l’alliance […] ils ont peur du changement, ils sont tellement égoïstes », condamne‐t‐elle fermement en buvant son verre de vin.
« On a tellement diabolisé La France Insoumise (LFI) que les gens n’ont pas voté parce qu’ils avaient peur […] Les vieux du PS : je leur en veux », renchérit à côté d’elle son amie Amanda, qui, pour l’occasion, porte un pin’s « je ne parle qu’aux gens de gauche ».
En seulement quelques minutes, après l’annonce des résultats, les clients désertent l’intérieur du bar. Elie traîne encore devant l’écran géant …