Les maires des 95 communes de la métropole européenne de Lille (MEL) ont beau avoir tout juste été élus, leur périmètre décisionnel demeure restreint. De la collecte des déchets aux tarifs des transports en commun, de la hauteur maximale des bâtiments aux interdictions de circulation pour certains véhicules polluants : bien des aspects de la vie quotidienne des habitants se décident en effet à l’échelon intercommunal. C’est-à-dire au sein de MEL, dont le nouvel exécutif sera désigné ce 10 avril 2026 parmi les 188 conseillers métropolitains eux aussi nouvellement élus.
Mais ces sujets de compétences métropolitaines sont tellement au cœur des préoccupations que les candidats en campagne ont été nombreux à s’affranchir de la seule réponse prudente : “là‐dessus, je ne peux rien vous promettre, ça se décide à la MEL”. Comme une sorte de pari sur leurs capacités à peser au sein de cette arène aux équilibres politiques tout particuliers, quantité de maires ont ainsi formulés des promesses… tout en sachant pertinemment que leur réalisation ne dépendrait pas seulement d’eux.
Pour illustrer cet enjeu démocratique majeur, Mediacités s’est intéressé aux engagements de campagne de plusieurs nouveaux maires, placés dans des configurations différentes.
Recherche d’un consensus
Élu à Roubaix, l’insoumis David Guiraud, place 11 élus à la MEL, mais devra lutter pour ne pas être marginalisé. Maire de Lille, Arnaud Deslandes est jugé trop incontournable pour être mis de côté, même par les élus de droite. Sa future place dans la majorité ne lui garantit toutefois pas d’obtenir à chaque fois des arbitrages positifs.
La configuration est un peu la même pour Doriane Bécue, à Tourcoing. Elle a beau être une probable future vice‐présidente, ses demandes de révision du si sensible sujet du tracé du tramway sont restées jusqu’ici ignorées. Cyprien Richer, maire (divers gauche) de Saint‐André‐lez‐Lille est lui dans une situation différente. Ne comptant qu’un seul élu à la MEL (lui‐même), il va devoir se trouver des alliés …