« Années après années, nous répétons les mêmes vérités. Elles deviennent presque des rengaines. » En prononçant avec résignation ces mots, le chef de la majorité Union pour le Nord (divers droite), Luc Monnet, appuie sur ce qui saute aux yeux dans le nouveau budget adopté par le conseil départemental du Nord pour l’année 2026. Confronté à des difficultés structurelles et à des recettes toujours plus contraintes, le Département doit dans le même temps faire face à des dépenses qui augmentent sans cesse du fait de l’explosion des besoins sur le plan social. Un effet ciseau prolongé qui pourrait être délétère dans les années à venir.
Avec un budget en hausse fixé à 4,4 milliards d’euros, dont 76,8 % de dépenses sociales (RSA, protection de l’enfance, autonomie et handicap…), le département du Nord rappelle que malgré le « contexte difficile et instable », les dépenses sociales sont toujours « certaines et croissantes » – + 77 millions d’euros sur un an – tandis que les recettes sont « cycliques et volatiles ».
La faute à un désengagement durable de l’Etat, qui, après avoir décidé de supprimer toute marge de manœuvre fiscale allouée aux départements, n’a pas compensé à hauteur les nouvelles compétences qu’il leur a déléguées. « Le coût de ces décisions unilatérales est estimé à 263,5 millions d’euros rien que pour cette année 2026 », alerte le vice‐président chargé des finances, Loïc Cathelain.
« Nous n’y arriverons pas »
Avec ce nouveau budget, le département fait le choix d’augmenter sensiblement la part allouée à certaines de ses compétences phares, notamment la protection de l’enfance, avec 42 millions d’euros supplémentaires. Une partie de cette augmentation est liée à de nouvelles mesures décidées par l’Etat (décret pouponnières ou Ségur pour tous
Un gouvernement qui délègue toujours plus sans compenser
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