Dérapage des coûts, manque de financements : le Canal Seine‐Nord Europe dans l’impasse

Dans un rapport inquiétant, la Cour des comptes alerte sur une dérive des coûts de ce chantier d’envergure auxquels s’accrochent les collectivités sans toutefois avoir les capacités de le financer. Mediacités revient sur les raisons de l’explosion des coûts et l’absence de solutions envisagées pour l’heure.

Les travaux du Canal Seine-Nord ont démarré dans l'Oise, comme ici à l'écluse de Montmacq. Photo : Bouygues France.

Après plusieurs mois de travaux préparatoires et les premiers coups de pioche dans l’Oise en 2025, celui qu’on a baptisé « le chantier du siècle » va progressivement monter en puissance en 2026, et surtout en 2027. Le Canal Seine‐Nord Europe, qui s’étend sur 107 kilomètres entre Compiègne et Aubencheul‐au‐bac, près de Cambrai, prévoit d’investir plus de 3000 hectares dans la région Hauts‐de‐France afin d’ouvrir une grande autoroute fluviale entre Paris et le Nord de l’Europe.

Problème : ce chantier d’une envergure inédite au 21e siècle en France verra‐t‐il un jour son terme ? L’épineuse question du financement qui se pose depuis que le projet est sur la table – il est envisagé depuis 1985 – apparaît de moins en moins tranchée. Fixé en 2019 à 5,1 milliards d’euros, il s’établit désormais à 7,3 milliards d’euros hors taxes, selon un calcul actualisé par le conseil de surveillance de la Société du canal Seine‐Nord Europe (SCSNE).

Le président de la région et du conseil de surveillance Xavier Bertrand s’est même montré moins optimiste : « je ne serais pas étonné qu’on puisse arriver à 8 milliards en 2033 ». Dans un rapport paru le 10 avril, la Cour des comptes évoque quant à elle de coûts pouvant avoisiner à terme, remboursement des emprunts compris, les 10 milliards d’euros. Dans un contexte budgétaire contraint, la question du financement apparaît de plus en plus cruciale pour la conduite du projet. La Cour des comptes parle même d’une « urgence ».

https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2024/10/24/canal-seine-nord-il-y-aura-de-leau-mais-au-detriment-de-qui/
Un quasi‐doublement depuis le début du projet
Avant d’aborder en détails la question des coûts, les magistrats les ont d’abord mis en parallèle avec un projet construit sur une hypothèse de report modal de la route vers le fluvial « ambitieuse » et pas forcément acquise. Ils appuient sur le fait que « le cœur de cette modélisation des trafics n’a jamais été exposé publiquement ni véritablement contre‐expertisé », et appellent à actualiser au plus vite « les hypothèses de croissance du trafic et en particulier celles du trafic de conteneurs ».

Le constat global est inquiétant : « Le projet enregistre désormais un retard de près de vingt ans, sa mise en service n’étant envisagée que pour 2032. Le coût de référence initial a quant à lui connu un quasi‐doublement. » Pourquoi une telle augmentation ? Certes, le retard pris par le projet, et le contexte de …

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Par Eden Sakhi Momen

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