Le 11 juillet, à Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais), de nombreux manifestants ont afflué à travers rues et champs pour demander l’arrêt du projet dont les travaux ont désormais débuté au nord du tracé. Ils étaient placés sous haute surveillance policière.
C’est un village paisible d’environ un millier d’habitants à la frontière entre les départements du Nord et du Pas‐de‐Calais qui se retrouve au cœur d’un chantier de grande envergure – et des oppositions qu’il cristallise. Le 9 juin, un premier coup de pioche a été donné à Oisy‐le‐Verger, pour débuter les travaux d’une des six grandes écluses du futur canal Seine‐Nord Europe, cette autoroute fluviale à très grand gabarit de 107 kilomètres prévue entre pour relier la région parisienne au nord de la France et de l’Europe, à partir – en principe -, de 2032.
Ce coup de pioche signe le début des travaux au nord du tracé. Avec ses 25 mètres de hauteur, cette écluse deviendrait l’une des plus grandes d’Europe, et s’inscrirait dans l’ambition de faire de ce canal une nouvelle infrastructure de transports unique par sa taille.
C’est justement cette taille – démesurée à leurs yeux – que sont venus dénoncer plusieurs milliers de manifestants à Oisy‐le‐Verger, le 11 juillet. Ils étaient plus de 2000 selon la préfecture, 3500 selon les organisateurs, réunissant plusieurs collectifs de militants locaux ou nationaux : Méga canal non merci, les Soulèvements de la terre et de la Seine, les naturalistes des terres, Extinction Rébellion…
« Il est encore temps d’arrêter le projet »
« L’écluse symbolise le caractère pharaonique du projet. L’objectif de la mobilisation est clair : exiger l’arrêt du canal Seine‐Nord Europe dont les impacts sociaux, environnementaux et économiques, démontrés, dénoncés depuis des années, ont récemment été confirmés par plusieurs institutions », expliquent les organisateurs, qui plaident plutôt pour investir vers les « besoins …