Guilaume Delbar. Photo Francis Verhelst/Wikipedia.

A Roubaix, Guillaume Delbar largement en tête, la gauche éparpillée

C’est une débâcle pour les adversaires de Guillaume Delbar. Le maire sortant (divers droite), soutenu par La République en marche et les Républicains, est arrivé largement en tête du premier tour avec 41,22% des voix. Il est le grand vainqueur d’un scrutin marqué par une abstention historique : 77,5% des Roubaisiens ont boudé les urnes.

Derrière le maire sortant, seul le candidat Karim Amrouni (14,79%) pourra se maintenir au second tour. Classé divers-gauche, une étiquette contestée par ses adversaires, l’ex-militant de La République en Marche a largement devancé les six autres listes de gauche. Paul Zilmia (LFI) et André Renard (DVG) manquent la possibilité de se maintenir pour le second tour d’un fil. Avec respectivement 6,05 % et 5,48 %, Christian Carlier (EELV) et Christiane Fonfroide (PS-PCF-Génération.s) sont, eux, plus largement distancés.

Un hypothétique front anti-Delbar

Pour garder des élus au Conseil municipal, tous devraient fusionner avec la liste emmenée par Karim Amrouni. Mais ce scénario est déjà exclu par Hakim Khiter, quatrième de la liste de PS-PCF-Génération.s. « Entre LREM et LREM, je préfère m’abstenir au second tour », indique le référent Génération.s de Roubaix. S’il déplore la désunion de la gauche locale source d’abstention selon lui, il attribue aussi cette dernière à l’épidémie de coronavirus. «  Si [Guillaume] Delbar est arrivé en tête dans des quartiers populaires, c’est que l’électorat de gauche ne s’est pas déplacé… », constate-t-il.

Très élevée en 2014 (61,6%), l’abstention a frôlé les 80% ce dimanche 15 mars 2020. Dans cette ville de 96 000 habitants, seuls deux candidats (Guillaume Delbar et Karim Amrouni) ont obtenu plus de… 1 000 voix ! « Même le Rassemblement national a fait un score ridicule par rapport à d’habitude », note Hakim Khiter. Avec 8,9% des voix, le parti d’extrême-droite, emmenée à Roubaix par Philippe Lambilliote, perd 10 points par rapport à 2014.

Les autres candidats de gauche n’ont pas répondu à nos sollicitations dimanche soir. Christian Carlier (EELV) avait déjà rejeté l’idée d’une alliance avec Karim Amrouni, et la liste de La France Insoumise devrait l’imiter. Tous auront jusqu’à mardi, 18 heures, pour confirmer (ou infirmer) ce choix, date butoir du dépôt des listes pour le second tour. À moins que le gouvernement ne décide d’annuler la deuxième manche du scrutin, ce qui provoquerait également l’annulation du premier tour. L’occasion pour la gauche de partir enfin moins divisée pour éviter une nouvelle catastrophe électorale ?

Sami Sadik et Marie Sénéchal, ESJ Lille

Jacques Trentesaux

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Point final.

Jacques Trentesaux
Je suis tout à la fois le directeur de la rédaction et le président de Mediacités, que j’ai co-fondé avec plusieurs anciens collègues du groupe L’Express fin 2016. Nordiste d’origine, j’habite Paris mais j’ai à cœur de revenir dans ma région natale pour y enquêter autant que mes autres fonctions m’en laissent le temps. Avant Mediacités, je suis passé par La Croix, Liaisons sociales, Les Echos et L’Express, où j’ai notamment occupé le poste de rédacteur en chef de la rubrique Régions. Je n’aime rien tant que « sortir du périphérique parisien » pour aller sur le terrain afin de comprendre les réalités du pays.
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