Conférence de presse de rentrée de Martine Aubry. Photo : Twitter Mairie de Lille

Sécurité : Aubry minimise les promesses de Darmanin et précise les siennes

C’était un des principaux thèmes de la campagne des municipales, c’est désormais une des priorités d’action de Martine Aubry. La maire de Lille a multiplié les signaux dans ce sens depuis sa nouvelle prise de fonctions. Cela a commencé par la désignation de Jean-Claude Menault, ancien directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) comme adjoint, délégué à la sécurité. Et cela s’est poursuivi, fin juillet, suite à l’agression d’une femme par un dealer dans le quartier de Moulins, par l’envoi d’une lettre au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Objectif : réclamer des renforts de police nationale. Ce dernier a aussitôt répondu qu’il allait affecter 60 policiers supplémentaires à la métropole lilloise d’ici la fin 2020... tout en taclant le faible nombre de caméras municipales de vidéo-surveillance sur le territoire de Lille.

Martine Aubry n’a pas oublié cette pique. Elle a profité de sa conférence de presse de rentrée, le 25 septembre, pour effectuer sa propre mise au point. Car si 60 policiers sont bien prévus pour intégrer les commissariats de la métropole - 30 en septembre, à leur sortie de l’école, les autres en décembre - 44 vont en revanche en partir. Ce qui porte à 16 le solde net des effectifs supplémentaires. Sans compter, précise Martine Aubry, qu’une partie des renforts sont fléchés sur Roubaix et Tourcoing. De fait, Gérald Darmanin a bien écrit au maire de Roubaix, Guillaume Delbar, pour lui annoncer que sa ville allait bénéficier de 13 nouveaux policiers, dont 7 « dès la semaine prochaine », dans une lettre que nous nous sommes procurés et que nous reproduisons ci-dessous.

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« Darmanin, c'est tout dans la com', a asséné la maire de Lille. Je n'accepterai pas plus longtemps ce jeu de balle avec l'Etat qui nous dit ce qu'il faut faire sans faire ce qu'il a à faire. » D'après Martine Aubry, Lille se retrouve actuellement avec moins de policiers sur son sol qu'avant l'été. Au delà de cette polémique, la maire de Lille est revenue sur ses propres promesses de campagne en matière de sécurité pour en préciser - très prudemment - le calendrier. « Nous allons embaucher 50 policiers municipaux, dont 25 dès cette année... si nous y arrivons, a indiqué l’édile socialiste. Mais les effets ne se verront pas tout de suite, et sans doute pas avant 2021. » Et la maire d’expliquer : « Il faut les choisir, qu’ils soient autorisés par la préfecture et qu’ils suivent une formation. »

De fait, recruter des policiers municipaux n’est pas une tâche facile. Comme Mediacités le rappelait durant la campagne, il manque 3 000 agents diplômés pour combler la demande des collectivités en France. La concurrence est rude et Lille ne figure pas parmi les villes les plus attractives.

Concernant la vidéo-surveillance, Martine Aubry a annoncé le déploiement de 50 caméras d’ici un an tout en promettant le recours « dès maintenant » à des caméras mobiles dans les secteurs sensibles. « Il faut regarder les lieux particulièrement cruciaux en matière de violence, a-t-elle précisé. Les rues où ne sont pas respectées les règles communes. » Comme la place des Reignaux, le quartier Masséna-Solférino, les abords de la gare Lille-Flandres et les rues piétonnes… La maire a par ailleurs confirmé la l’ouverture d’un centre de supervision urbain (CSU), pour visionner les images, sans attendre le CSU métropolitain promis par le président de la MEL. Il doit s’installer dans le futur hôtel de police municipal prévu à l’automne 2021.

Y.A.et J.T.

Cet article concerne la promesse :
« Recours accru à la vidéo protection et ouverture d’un Centre de supervision urbaine »
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