Investi par Les Républicains, l'ancien maire de Divonne-les-Bains Etienne Blanc brigue l'hôtel de ville de Lyon. Photo : NB/Mediacités.

Le féminisme vu par Etienne Blanc : « C’est la destruction d’une société »

Décidément, Les Républicains ont un problème avec l’égalité femmes-hommes. En janvier, François-Noël Buffet, le candidat de la droite pour le Grand Lyon [lire son portrait ici] s’était déjà illustré par un grand chelem masculin lors de la présentation de ses têtes de listes métropolitaines : 14 circonscriptions, 14 hommes. Une affiche testostéronée qui lui avait valu les foudres de l’ensemble de la classe politique locale.

Cette semaine, c’est au tour de son homologue Etienne Blanc de faire état de sa conception très personnelle du féminisme. La tête de liste LR pour les élections municipales à Lyon [lire son portrait ici] est interrogée par L’Arrière-Cour, nouvelle newsletter d’information lancée par l’ancien rédacteur en chef de Lyon Capitale, qui a longuement passé au crible la pensée et les propositions des candidats sur la question.

« Je ne suis pas féministe », lâche d’emblée Etienne Blanc, avant de développer : « Le féminisme n’est pas vouloir l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est vouloir que la femme, par la reconquête de droits, ait une place prépondérante par rapport aux hommes. Il y a une forme de militantisme féministe dont l’objet n’est pas tant la protection des femmes ou les droits des femmes que la destruction d’un système et d’une organisation sociale. Comme le trotskisme : c’est la destruction d’une société et parfois même d’une civilisation ».

Gérard Collomb : « Si je ne suis pas féministe, ma femme l’est »

Le reste des interviews réalisées par L’Arrière-Cour est plus attendue. Comme celle d’Agnès Marion, la candidate du Rassemblement national à Lyon, pour qui le féminisme sert surtout de prétexte pour dénoncer le « communautarisme » qui menacerait nos territoires.

La figure de La Manif pour tous [lire son portrait ici] déroule les éléments de langage du RN sur « les femmes qui ne peuvent pas s’habiller comme elles veulent, se font traiter de “putes” par la population issue de l’immigration » ou les cafés du 7e ou du 8e arrondissement où, la candidate l’assure, « je ne peux pas m’asseoir si je ne suis pas accompagnée par un homme ».

A noter également la profondeur d’analyse de Gérard Collomb dans cet article : « Si je ne suis pas féministe, ma femme l’est ». La preuve, s’il en fallait, que le machisme n’est pas l’apanage de la droite.

Mathieu Périsse

Mathieu Périsse
Mathieu Périsse collabore avec Mediacités Lyon depuis juin 2017, convaincu de la nécessité d’une information locale indépendante et percutante. Lyonnais de naissance, il a d’abord travaillé pour la radio (Radio France, RTS), notamment lors de reportages longs-formats à l’étranger (Afghanistan, Biélorussie, Chypre, Burkina Faso…). Membre du collectif de journalistes We Report, il écrit régulièrement pour Mediapart, journal pour lequel il a enquêté pendant un an sur la pédophilie dans l’Eglise catholique (également en lien avec Cash Investigation).

Précédemment dans l'Oeil

Dans la dernière ligne droite des régionales, Laurent Wauquiez active son armée de maires

Des confins de la Haute-Loire à Caluire-et-Cuire, plusieurs premiers édiles ont distribué à leurs administrés une lettre, qui se présente comme un courrier officiel, pour soutenir le candidat LR.

Régie publique de l’eau : les salariés de Veolia mettent la pression sur la Métropole de Lyon

Dans un an et demi, le Grand Lyon gérera, via une régie publique, l'eau potable de son territoire, en lieu et place de l'actuel délégataire Veolia. Ce vendredi, les salariés de la filiale du groupe seront en grève pour demander des garanties à la Métropole sur la transposition de leurs acquis sociaux dans la future entité.