Régie publique de l’eau : le Grand Lyon enclenche « la bascule »

C’est acté. Ce lundi 14 décembre 2020, les conseillers métropolitains ont voté le projet de « reprise en régie publique de la production et de la distribution de l’eau potable sur le territoire ». Horizon : 1er janvier 2023, date d’échéance du contrat de délégation de service public qui lie la collectivité au groupe Veolia. Bruno Bernard n’a eu aucune difficulté à faire adopter sa délibération qui fait consensus au sein de sa majorité.

Ses opposants en revanche ont manifesté leur désaccord. « Vous ne détenez pas le monopole de la préservation de la planète », a attaqué Louis Pelaez, pour le groupe de Gérard Collomb. L’élu s’est montré particulièrement agacé par la présentation du projet par la vice-présidente Anne Grosperrin, chargée de l’Eau et de l’assainissement. Celle-ci a invoqué des arguments d’ordre « philosophiques et démocratiques » : « Soit nous considérons l’eau comme une marchandise, soit comme un droit humain ». « Nous ne sommes pas opposés par principe à la régie publique mais elle ne peut pas être la seule option étudiée », a déploré Louis Pelaez. Pour le groupe Synergies Métropole, la maire de Poleymieux Corinne Cardona s’est dite « perplexe » et « ne pas saisir l’intérêt de la bascule ».

La délibération adoptée ouvre la voie aux travaux pratiques. A partir de janvier, en s’appuyant sur une assistance à maîtrise d’ouvrage technique, juridique et financière (estimée à 750 000 euros d’après l’appel d’offres de la Métropole), la collectivité devra déterminer les contours de la future régie, son fonctionnement et engager les discussions avec Veolia pour intégrer les 280 salariés qui travaillent actuellement pour Eau du Grand Lyon, la filiale du groupe. Le dossier devrait de nouveau revenir dans l’enceinte de l’assemblée métropolitaine au deuxième trimestre 2021.

N.B.

Précédemment dans L’Œil de Mediacités (22 octobre 2020) -  Faute de pouvoir concrétiser rapidement cette promesse - la gestion de l'eau fait l'objet d'une délégation de service public confiée au géant Veolia jusqu'à 2023 - Bruno Bernard communique. Après avoir reçu le PDG du groupe Antoine Frérot, le président du Grand Lyon a visité, en octobre 2020, l'usine des eaux de Croix-Luizet. Une sortie destinée à réaffirmer sa volonté de ramener la gestion de l'eau dans le giron public. « Lui enlever tout intérêt [financier], c'est, sur le long terme, avoir plus de garanties pour arriver à cet objectif premier qui est la préservation de la réserve », défend l'écologiste.

Car intérêt il y a : comme écrit dans une de nos enquêtes, la filiale locale de Veolia dégage des profits, 4,05 millions d'euros en 2016 par exemple, reversés en quasi-totalité en dividendes aux actionnaires. Reste à déterminer le coût de la création d'une régie publique. En 2012, une étude comparative présentée aux élus du Grand Lyon l'estimait à 11 millions d'euros. Pour l'usager, aucun changement tarifaire n'est à prévoir « dans un premier temps », promet Bruno Bernard. Et dans un second ? Le patron de la Métropole envisage la gratuité des premiers mètres cubes consommés pour les ménages les plus modestes.

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« Gérer l’eau en régie »
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