La mairie de Treillières, en Loire-Atlantique. / © Photo : Guillaume Frouin

Treillières : nouvelles plaintes contre le maire et Mediacités au conseil municipal

Rude soirée pour le maire de Treillières. Ce lundi soir, 28 septembre, Alain Royer ouvrait la réunion de son conseil municipal en lisant une déclaration à propos des révélations de Mediacités sur son accident au volant d’une voiture de la commune, alors qu’il était en état d’ivresse. « La presse – et peu importe qu’elle soit presse à scandales – (sic) a fait le relais d’une information que je ne peux et ne veux pas nier », confesse l’élu. Qui aurait, quoi qu’il en soit, eu du mal à faire autrement.

« Ce soir, je ne me présente pas comme victime : je suis seul responsable de la situation et peu importe de qui vient l’indiscrétion, poursuit-il. Je sais que les conséquences sont multiples et mettent en difficulté mes adjoints, conseillers, services municipaux, ma famille et mes amis. » Mais, selon lui, cet accident n’avait « absolument rien à voir » avec l’achat par sa collectivité, quelques semaines plus tard, d’un SUV hybride à 38 000 euros… « Je m’y engage, cet incident restera isolé », promet Alain Royer.

Tentative d'escroquerie à l'assurance

Alors qu’il avait certifié lors de notre interview que la commune s’était fait rembourser « 1 500 euros » par son assureur, le maire promet aux élus de Treillières qu’il va « retirer » la déclaration d’accident faite auprès de la compagnie. Le contrat de la commune ne prévoyait pas de prise en charge des accidents commis en état d’ivresse, convient-il. Ce qui valide de facto la tentative d’escroquerie à l’assurance, que Mediacités révélait quinze jours plus tôt… « Qui va rembourser ? Votre assurance personnelle ?, lui demande alors Emmanuel Renoux, le chef de file de l’opposition municipale. Il a quand même fallu que vous soyez pris en flagrant délit de fraude à l’assurance pour que vous renonciez au remboursement. Vous avez parlé de « presse à scandales », mais il est au contraire intéressant qu’il y ait une presse qui dise la vérité et qui le fasse savoir. »

Sur ces éléments, Alain Royer ne répond pas. Pas plus qu’il ne s’explique lorsque le même Emmanuel Renoux met en doute la réalité des « tonneaux » qu’il aurait fait le jour de l’accident. Ni quand l’opposition lui fait remarquer qu’il n’a déposé aucune plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » ou encore pour « non-assistance à personne en danger » contre le conducteur du prétendu « engin agricole fortement déporté » qui l’aurait poussé à aller au fossé et ne se serait pas arrêté.

Une autre plainte pour « usage de faux » dans le cadre de la campagne municipale

L’opposition municipale lui fait savoir au passage qu’elle allait faire un signalement au Procureur de la République de Nantes sur cette « tentative de fraude à l’assurance ». Une procédure qui s’ajoutera à plusieurs autres. L'enquête préliminaire pour « prise illégale d'intérêt » ouverte par le procureur de la République de Nantes contre son ancien adjoint à l'urbanisme, que nous révélions en mai dernier et pour laquelle il est soupçonné de complicité. Mais aussi une nouvelle plainte pour « usage de faux » qui, selon nos informations, a été déposée, ce mercredi 30 septembre, auprès du même procureur contre Alain Royer et deux de ses colistiers. Elle émane de Priscilla Decottignies, qui était chargée de la communication de la liste d’Emmanuel Renoux lors de la campagne des municipales.

Dans le cadre de la demande d’annulation du scrutin au tribunal administratif de Nantes, cette dernière a en effet été accusée, dans un mémoire en défense produit par l’équipe Royer, d’avoir publié des posts sur Facebook après la clôture de la campagne électorale. Problème : les captures d’écran produites par la liste d’Alain Royer sont en réalité « un pur montage », selon elle… Les deux colistiers d’Alain Royer visés par sa plainte sont Augustin Moulinas, avocat au barreau de Nantes, et Sylvie Pergeline, la directrice de l’antenne départementale de l’Association des maires de France.

Guillaume Frouin


->>> Lire ou relire nos précédentes enquêtes sur Treillières :

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