Démissions en cascades à la mairie de Treillières, dont celle de la première adjointe

Les révélations de Mediacités sur l’accident du maire de Treillières, alors qu’il était en état d’ivresse au volant d’une voiture municipale, provoquent un séisme dans la commune de 10 000 habitants du nord de Nantes. Selon nos informations, Catherine Cadou, la première adjointe du maire Alain Royer, a présenté sa démission ce jeudi 8 octobre 2020.

« Particulièrement affectée » par cette « décision douloureuse », elle n’a pas souhaité en dire davantage, confirme-t-elle simplement ce vendredi après-midi dans un SMS. Alors que c’est elle qui avait lancé les procédures pour obtenir une indemnisation auprès de l’assurance de la commune après l’accident du maire, elle n’aurait appris que lors de leur interview commune avec Mediacités, le 11 septembre dernier, que celui-ci était en état d’ivresse lors des faits. Et n’aurait pas supporté cette dissimulation. « Ma décision est malheureusement motivée par la perte de confiance à l’égard du premier magistrat de la commune », écrit-elle dans sa lettre de démission aux services de l'Etat. Elle a également peu goûté les récentes « menaces » de certains colistiers qui s’obstinent à faire bloc autour d’Alain Royer alors que ses pratiques divisent la majorité.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule à quitter la majorité municipale. Sylvie Pergeline, l’adjointe au maire déléguée à la culture, a également présenté sa démission d’adjointe et de conseillère communautaire à la communauté de communes d’Erdre & Gesvres (CCEG). « Quand j’ai appris cette affaire, je suis tombée du panier… Ce n’est pas l’idée que je me fais de l’exercice de la fonction d’élue locale », nous indiquait ce vendredi celle qui est aussi directrice de l’antenne départementale de l’Association des maires de France (AMF). Dans sa lettre de démission, elle explique ne plus être « en mesure de remplir sereinement l'ensemble de ses fonctions ».

Adjointe au maire pendant trois mandats dans la commune voisine de Sautron, cette « juriste titulaire d’une maîtrise de droit public » a également été « très affectée » de voir son nom cité dans la plainte déposée contre elle par l’opposition municipale pour « usage de faux » dans le cadre de la demande d’annulation des dernières élections municipales devant le tribunal administratif de Nantes.

Outre Catherine Cadou et Sylvie Pergeline, deux autres adjoints ont également rendu leur tablier. Il s'agit de Magali Lemasson, chargée des solidarités et de l’action sociale. Et de Thierry Gicquel, adjoint à la vie associative, aux commerces, à l'artisanat, à la tranquillité et à la salubrité publique.

Ce désaveu de quatre de ses six premiers adjoints dans l'ordre protocolaire (sur huit au total) met désormais le maire de la commune, réélu au premier tour en mars dernier, dans une situation particulièrement délicate. L'opposition l'appelle d'ores et déjà à « prendre ses responsabilités ». Soit à présenter à son tour sa démission.

Guillaume Frouin (Press Pepper)

->>> Lire ou relire nos précédentes enquêtes sur Treillières :

Mise à jour du vendredi 9 octobre à 18 h30 : ajout du nom de Thierry Gicquel, dont nous ne disposions pas de l'identité lors de notre publication initiale.

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