Disparition de L’avenir agricole, dernier magazine agricole indépendant en Pays de la Loire

Le risque planait depuis plusieurs mois. La triste nouvelle a fini par tomber en fin de semaine dernière, via un communiqué de presse. Le 18 décembre prochain, L’avenir agricole, hebdomadaire d’information à destination des agriculteurs des Pays de la Loire, cessera de paraître.

La fin d’une aventure de presse entamée en Mayenne à la Libération, avant que l’hebdomadaire ne prenne une dimension régionale en 2005. La fin, surtout, du dernier titre spécialisé à être resté indépendant de toute structure économique et syndicale. Le 18 décembre, il ne restera plus pour s’informer aux agriculteurs des Pays de la Loire que des organes de presse édités par des géants de l'agrobusiness comme Terrena, les Chambres d’agriculture ou la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire. Ce qui revient parfois au même, comme Mediacités l’avait révélé dans une enquête sur l'incroyable mélange des genres entre le syndicat et la Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique.

Vers un autre média agricole, libre et indépendant ?

AAuneDétenu par une association de lecteurs et réalisé par une équipe de journalistes professionnels, L’avenir agricole était confronté ces dernières années à une double crise : celle de la presse et celle de l’agriculture. « Une gestion avisée lui a permis de faire face jusqu'à présent avec un niveau de qualité reconnu et sans aucun soutien extérieur, explique le communiqué. Mais cela trouve aujourd'hui sa limite à la fois sur le plan économique et sur celui de l'adéquation de sa réponse aux attentes des agriculteurs et de leurs partenaires. Aussi est-il apparu raisonnable de mettre un terme à la publication de L'avenir agricole dans son concept et son format actuels avant d'y être contraint. »

Si les responsables de l’association propriétaire du titre annonce envisager de « proposer un autre média, tout aussi libre et indépendant », la fin de la parution de L’avenir agricole s’accompagne du licenciement des onze personnes (dont six journalistes). Des salariés qui, au delà de leur situation personnelle, se disent surtout tristes et inquiets de voir disparaître la dernière voix différente – et parfois discordante – du paysage médiatique agricole régional. Attaché au pluralisme et à l’indépendance de la presse, Mediacités partage leurs inquiétudes. Et leur transmet tout son soutien.


Le communiqué de presse diffusé le 26 novembre par L'avenir agricole :

CP Avenir Agricole

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer le débat public.

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