L'entrée de l'école des Beaux-Arts de Nantes. / Photo : Thibault Dumas

Beaux-Arts de Nantes : la mansuétude de la Métropole pointée par la Chambre régionale des comptes

Après un premier rapport rendu public en octobre dernier, et que Mediacités avait analysé, la Chambre régionale des comptes (CRC) des Pays de la Loire continue de s’intéresser aux finances de Nantes Métropole. Dans le second cahier de ses observations, mis en ligne lundi 15 février, elle se penche sur les engagements « hors bilan » de la collectivité (ceux dont l’impact n’apparaîtra que dans ses comptes futurs) et sur ses « risques financiers externes ».

Parmi ces derniers, la CRC pointe ceux liés à l’École des beaux-arts de Nantes - Saint-Nazaire (EBANSN). Elle s’inquiète notamment de l’importante dette contractée par l’école pour son nouveau bâtiment, comme nous l’avions noté dans nos précédentes enquêtes consacrées à ce fleuron de l’enseignement supérieur nantais et à son directeur, l'influent Pierre-Jean Galdin. « L’EBANSN a eu recours de façon importante à l’emprunt (22,63 millions d’euros) conduisant son endettement à un niveau élevé en fin de période, écrivent les magistrats. Son encours présente donc un risque réel pour la métropole car il est garanti à 100 % par cette dernière. »

En creux, la CRC s’étonne aussi de la mansuétude dont fait preuve la collectivité à l’égard de l’école, ce qui l’a conduit à quelques sorties de route administrativo-financière. « Les services métropolitains ont précisé durant l’instruction que l’établissement (Nantes Métropole, Ndlr) ne serait pas engagé à verser des subventions pluriannuelles, dans la mesure où celles-ci sont systématiquement soumises à délibération à chaque exercice. Or, à titre d’exemple, l’analyse des documents (…) met en évidence une subvention pluriannuelle accordée à l’EBANSN, d’un montant de 4 135 000 euros (…) ». Voilà qui s’ajoute à la liste des privilèges dont bénéficie l’école et son inamovible directeur.


(Re)lire nos précédentes enquêtes sur l'école des Beaux-Arts de Nantes

 

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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