Mathieu Orphelin, candidat aux élections régionales en Pays de la Loire. / Photo : site de Mathieu Orphelin

Fusion des listes Orphelin – Garot : une gauche pas si « dure » que ça

Choisir entre le représentant d’une gauche « dure » ou la candidate d’une droite… « dure ». A écouter Matthieu Orphelin et Christelle Morançais, voilà à quoi se résumerait l’alternative proposée aux électeurs dimanche soir, lors du second tour des élections régionales. Voilà, en tout cas, comment chacun présente son adversaire respectif. « Cette gauche dure, cette gauche alliée à Jean-Luc Mélenchon, veut casser notre économie, casser notre industrie, casser nos forces et notre équilibre. Chaque voix compte pour faire barrage à cette gauche extrême », martelait la présidente sortante dimanche dernier, après l’annonce des premiers résultats. « Avec Guillaume Garot, nous rassemblons nos forces pour aller chercher la plus belle des victoires face à la droite dure », répondait Matthieu Orphelin lors de la présentation de sa liste fusionnée avec le socialiste Guillaume Garot.

Une manière de cliver et de durcir le débat politique grâce à laquelle les deux candidats espèrent sans doute mobiliser leur électorat et ramener aux urnes ceux qui les ont très largement boudées dimanche dernier (69,27% d’abstention). Mais une présentation qui ne correspond pas forcément aux forces en présence. Construite de manière à rendre possible une éventuelle alliance avec LREM, la liste présentée par Christelle Morançais a fait l’impasse, ou placé en position non éligible, ceux incarnant la ligne la plus dure du parti dirigé par Christian Jacob. A l’image de Sébastien Pilard (cofondateur de Sens Commun), de Nathalie Poirier (ex-présidente départementale du Parti chrétien démocrate) ou des militants de Via (ancien Parti chrétien démocrate), qui ne figurent pas parmi les candidats.

De la même manière, la liste d’union de la gauche présentée au second tour par le député ex macroniste est loin d’être dominée par de dangereux révolutionnaires. D’Allons enfants à l’Union démocratique bretonne, elles regroupe les représentants de 17 partis ou organisations. Un très large éventail de la gauche locale, où les candidats du parti socialiste et d’Europe Ecologie – Les Verts sont nettement majoritaires : 24 candidats pour le premier (23,3% du total) et 22 pour le second (21,3%). La France Insoumise, de son côté, ne compte que 7 représentants (6,7% du total), comme le parti communiste, dont la plupart sont loin d’être assurés de siéger au conseil régional en cas défaite.

Alors que les candidats « sans étiquette » pèsent pour 20% de l’ensemble, ils sont principalement placés en milieu de liste dans chaque département, une position qui ne fera d’eux des conseillers régionaux qu’en cas de victoire de Matthieu Orphelin dimanche. Sans surprise, les premières places sont majoritairement trustées par le PS et EELV. Une gauche « classique », en quelque sorte.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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