Régionales en Pays de la Loire : le vote Orphelin plus vert des villes qu’écolo des champs

Si Matthieu Orphelin a réussi à réunir derrière lui au second tour l’ensemble de la gauche, des Insoumis aux radicaux en passant par les socialistes et les écologistes, Cela n’a pas suffi. Arrivé loin derrière Christelle Morançais dimanche, l’ancien député LREM revenu dans le giron des Verts n’est pas parvenu à élargir son électorat. Quand la présidente LR du Conseil régional recueille 113 724 voix de plus qu’au premier tour, il en gagne moins de 10 000… Comme le montre la carte ci-dessous, à l’échelle communale, son score confirme une tendance observée depuis plusieurs élections : même allié à d’autres, Europe Ecologie – Les Verts reste avant tout un parti d’urbains. Et presque exclusivement d’urbains.

Dans le seul département de la région à l’avoir placé en tête, c’est à Nantes et dans les communes voisines qu’il obtient la plupart de ses meilleurs scores. Dans la préfecture, il devance la candidate LR de 18 points, de près de 30 à Saint-Herblain et de plus de 35 à Rezé, deux bastions de gauche. A Saint-Nazaire, il recueille 7678 voix (15,2 % des inscrits), soit 3965 de plus que Christelle Morançais (7,37 %). Le constat est le même dans les autres départements. A Angers, il est en tête d’un point et demi. A Laval, en Mayenne (ville dont Guillaume Garot, son allié PS a longtemps été maire), il compte plus de 12 points d’avance (50,29 %). La Roche-sur-Yon, en Vendée, département dont la droite a emporté la totalité des cantons, lui a donné 794 voix d’avance. Et il ne lui en a manqué que 500 pour réaliser le grand chelem des préfectures en l’emportant au Mans, commune dont Christelle Morançais fut conseillère municipale.

Des zones rurales à conquérir

Dès que l’on s’éloigne des grandes métropoles, en revanche, la tendance s’inverse. Et s’inverse nettement. Dans les stations balnéaires huppées de la côte atlantique, bien sûr. Mais aussi dans les zones rurales du Sud-Ouest et du Nord-Est du département, où Christelle Morançais domine largement. A l'image de petites communes comme La Chapelle-Glain, Saint-Julien-de-Vouvantes ou Lusanger, où cette dernière recueille à chaque fois plus du double du (maigre) nombre de voix. Parmi les rares exceptions, on trouve, par exemple, La Grigonnais, commune rurale de 1700 habitants où il obtient plus de 53 % des voix. L’explication ? Son maire, Gwénaël Crahès figurait sur la liste écolo. « Les gens des territoires ruraux ne se sentent pas du tout représentés par les habituelles listes régionales », expliquait-il d’ailleurs en juin à nos confrères de L’Eclaireur de Châteaubriant. Apparemment celle de Matthieu Orphelin ne faisait pas exception.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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