Le tram nantais, à proximité de la station Bretagne - Photo : Billy69150 - Wikipedia Commons

20 millions d’euros pour les nouveaux trams : le petit cadeau de l’État qui satisfait Nantes Métropole

«Satisfait »… Interrogé en marge du dernier conseil métropolitain, Bertrand Affilé, maire (PS) de Saint-Herblain et vice-président de Nantes Métropole chargé des déplacements et des transports publics affichait un enthousiasme mesuré, après l’annonce par l’État du déblocage de 20 millions d’euros pour aider au développement des transports en commun nantais. « Cette enveloppe est la bienvenue, confiait-il à Mediacités sans s’appesantir. Cela représente environ un kilomètre de tram ». Et c’était tout : pas de communiqué de presse triomphant, pas d’annonce sur les réseaux sociaux de la ville ou des élus, bref un enthousiasme très mesuré.

Enthousiasme mesuré, d’abord, parce que cette somme ne représente qu’une petite partie (8,3 %) des 240 millions d’euros que coûtera la création de ces trois nouvelles lignes sur l’île de Nantes d’ici à 2026. Enthousiasme mesuré, ensuite, parce que la métropole nantaise n’a pas franchement décroché la timbale. Avec 17,95 millions d’euros pour les trams 6, 7, 8 et 2,13 millions d’euros pour le Cetex (Centre technique d’exploitation) Babinière, le futur dépôt de tram de la Sémitan dont la livraison est prévue pour fin 2024, elle fait même pâle figure à côté de nombreuses autres collectivités. La Métropole de Lille, par exemple, s’est vue octroyer 120 millions d’euros pour ses différents projets, celle de Lyon 81 millions, quand Nice en recevait 57, Tours 42, Strasbourg 41, Le Havre et Caen 40 millions d’euros chacune...

Extension et pas création

Pourquoi une telle manne se déverse-t-elle soudain sur les projets de transports en commun français ? Par la « grâce » de l’appel à projet lancé en décembre dernier par le gouvernement pour financer des projets de transports collectifs. Initialement doté de 450 millions d’euros, cet AAP a bénéficié d’un redéploiement des moyens du plan de relance pour atteindre 900 millions d’euros. Une somme finalement répartie entre 96 collectivités et 162 projets (retrouvez la liste complète), dont Jean Castex a dévoilé les noms le 6 octobre.

Et pourquoi seulement 20 millions d’euros pour Nantes ? Car la ville ne pouvait pas prétendre à plus, explique Bertrand Affilé : « nous sommes sur des projets d’extension de lignes et pas sur la création de lignes nouvelles, ce qui limitait les subventions que nous pouvions espérer ». Une aide mesurée qui débouche donc fatalement sur un enthousiasme du même ordre.

Cet article concerne la promesse :
« Création de 3 nouvelles lignes de tramway »
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Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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