L'immeuble de Nantes Métropole où se situe le siège de l'Agence d'urbanisme de Nantes. / Capture Google StreetView

Auran, Samoa… À Nantes, les anciens lieutenants de Jean-Marc Ayrault sur le départ

Cela signe un peu la fin d’une époque. Jean-Marc Ayrault a beau avoir quitté la mairie de Nantes depuis 2014, certains de ses plus proches collaborateurs de l’époque conservaient des fonctions importantes au sein de la collectivité et de certains de ses satellites. Dans les mois qui viennent, le départ de deux d’entre eux symbolisera l’achèvement du processus de « déayraultisation » de la ville, comme l’appelle un observateur averti des choses municipales.

Le premier fut pendant plus de 20 ans l’un des hommes de l’ombre les plus puissants et les plus redoutés de la mairie comme de la métropole, un rouage incontournable de l’administration nantaise. Directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault quand celui-ci était maire de Saint-Herblain, Benoist Pavageau l’avait ensuite suivi à Nantes, dirigeant notamment les services de la ville et de la métropole. Après l’arrivée de Johanna Rolland à la tête des deux collectivités en 2014, son départ était jugé par beaucoup inéluctable pour permettre à la nouvelle maire de prendre son indépendance.

C’était chose faite un an plus tard, avec sa nomination à la tête de l’Auran, l’Agence d’urbanisme de la région nantaise. Directeur général de cette structure depuis 2015, Benoist Pavageau, 62 ans, quittera prochainement ses fonctions. Le recrutement d’un ou d’une successeur(e) est en cours. Une annonce a été publiée sur le site de l’agence le 7 septembre et les candidats ont jusqu’à demain, vendredi 15 octobre, pour se manifester auprès de Pascal Pras, maire de Saint-Jean-de-Boiseau et président de l'Auran.

Charles_Pavageau
A gauche, Jean-Luc Charles, directeur général de la Samoa et Benoist Pavageau, celui de l'Auran à droite.

Hommes de l’ombre

Un même processus de recrutement est actuellement en cours au sein d’une autre institution importante dans le paysage nantais : la Samoa. Derrière ce nom aux consonances océaniennes se cache la Société d’aménagement de la métropole ouest-atlantique ou, plus concrètement, la société publique locale (SPL) chargée depuis 2003 de piloter la transformation de l’île de Nantes (lire notre précédente enquête). A sa tête, œuvrait depuis 2010 un autre lieutenant de Jean-Marc Ayrault, Jean-Luc Charles. Et lui aussi est sur le départ, comme il l’a confirmé à Mediacités.

« Nous en avons parlé avec Johanna Rolland et je suis en train de chercher celle ou celui qui me remplacera à la direction générale », confie celui qui a occupé de 2005 à 2010 le poste de directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault à la ville et à la métropole. Une « décision personnelle, explique-t-il. J’ai d’autres envies. A 64 ans, il est sans doute temps de quitter la direction opérationnelle d’une entreprise importante comme celle-là [la Samoa compte une quarantaine de salariés]. Et les prochaines échéances importantes, comme la livraison du nouveau CHU sont encore lointaines ».

Le départ de Jean-Luc Charles devrait intervenir en avril 2022. Avec celui de Benoist Pavageau, il marquera la fin du renouvellement des femmes et des hommes de l’ombre qui gouvernent la ville derrière les élus, comme Mediacités l’avait décrit dans une précédente enquête. La fin, aussi, du basculement de Nantes de l’ère Ayrault à l'ère Rolland.

Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.

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