Une séance du conseil municipal de Treillières, près de Nantes, en septembre 2021. / Image : capture d'écran mairie de Treillières.

A Treillières, l’équipe Royer tente un contre-feu dans les boîtes aux lettres

L’hémorragie continue à Treillières. Secouée depuis bientôt deux ans par les démissions d’adjoints au maire, suite aux révélations successives de Mediacités, la commune du nord de Nantes vient d’apprendre le départ de sa directrice générale des services (DGS). Sophie Escande-Sorin a annoncé avoir sollicité sa mutation au « pôle mutualisé » entre la ville de Nantes et Nantes Métropole. Son départ, après dix ans à la tête des agents municipaux de Treillières, sera effectif à l’issue du conseil municipal du 13 décembre 2021. Sollicitée ce mercredi 27 octobre 2021 par Mediacités, elle n’a pas souhaité s’étendre sur les raisons de ce départ, au nom de son « devoir de réserve ». « Je suis la n°26, lâche-t-elle simplement. Je crois que le chiffre parle de lui-même ».

Depuis janvier, 20% des agents de la commune sont partis

Depuis le début de l’année 2021, 25 autres agents ont en effet quitté les services de la commune. Soit, tout de même, un peu moins de 20% des 135 « équivalents temps plein » de la commune. Un nouveau signe, s’il en fallait, du profond malaise social qui règne au sein de la collectivité, comme Mediacités le racontait. Le 20 octobre, à l’occasion d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), les responsables syndicaux révélaient les résultats d’un sondage effectué parmi les agents : 90% de ceux travaillant avec les élus estiment ne pas avoir de bonnes relations avec ces derniers. Et 60% cherchent un autre emploi.

Le départ de Sophie Escande-Sorin vient renforcer un peu plus l’impression que Treillières est désormais un canard sans tête : la directrice du pôle famille l’avait devancée en février 2021 et une troisième cadre de la mairie, Sarah Perraud, va quitter ses fonctions dans un peu moins d’un mois. Selon nos informations, la directrice de l’aménagement urbain et des services techniques aurait préféré partir plutôt que de retravailler avec Jean-Marc Colombat, ancien adjoint à l’Aménagement. Pour rappel, ce dernier avait été contraint de démissionner de son poste après la révélation par Mediacités de ses conflits d’intérêts : il faisait acheter à la commune des mâts solaires que commercialisait son entreprise. Mais voilà que, par le jeu des autres démissions d’adjoints et du manque de successeurs potentiels, son maire Alain Royer l’a de nouveau remis en selle ! Magique.

Tract dans les boîtes aux lettres

Le même Jean-Marc Colombat s’est d’ailleurs encore distingué ce mardi 26 octobre 2021, dans un tract distribué dans les boîtes aux lettres de la commune. Il s’y offusque qu’on doute encore de son respect de la « chartre » (sic) déontologique des élus, lui qui n’était « qu’un fournisseur » de la mairie avant mars 2020 et qui a « dissous » son entreprise depuis. « Treillières en Action », le nom de l’équipe majoritaire dont il fait partie, y dénonce aussi le « harcèlement » et le « lynchage médiatique » dont ils feraient l’objet : pas moins de « 83 articles » de Ouest-France et Presse Océan « à charge » ont été dénombrés, « sans compter les articles de Médiacité » (re-sic).      

L’adjoint au maire Alain Royer n’a pas peur des fake-news : il affirme que leurs droits de réponse n’ont « pas été retenus ». Le sien a pourtant été repris in extenso dans Mediacités après la révélation de ses conflits d’intérêts. Mais cet « acharnement médiatique » aurait en fait un « but inavoué », affirme le tract : précipiter Treillières dans le giron de Nantes Métropole, la grande communauté urbaine à laquelle la commune s’est toujours refusée, pour rester maître au sein de sa « petite » communauté de communes d'Erdre et Gesvres... Après les affaires, voilà que la majorité municipale de Treillières tombe dans le complotisme.


Plus d'une année d'enquête : retrouvez l'ensemble de nos révélations sur la mairie de Treillières

 

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