Le site de Mix'Art Myrys à Toulouse, fermé administrativement par la mairie depuis janvier / © Gael Cérez

Mix’Art Myrys menace d’assigner Toulouse Métropole en justice

Depuis sa fermeture administrative, le 20 janvier dernier par arrêté municipal, pour non-respect des normes requises pour l’accueil du public, Mix’Art Myrys n'a plus le droit d'exercer ses activités dans son entrepôt du quartier des Ponts-Jumeaux. Le collectif d’artistes n’a pas pu renouer le dialogue avec la métropole, qui lui a par ailleurs supprimé ses subventions. Après neuf mois de silence, le ton pourrait se durcir dans les prochains jours.

Mix’art Myrys a adressé avant l’été une mise en demeure à la métropole, afin de réclamer la réalisation des travaux de mise en conformité auxquels la collectivité s’est engagée lors du rachat du lieu en 2018. La nécessité de ces travaux était déjà mentionnée dans la convention de 2006, liant la Drac Midi-Pyrénées, le conseil régional et le conseil départemental de la Haute-Garonne, et signée par Jean-Luc Moudenc, maire de l’époque, un an après l’arrivée du collectif rue Ferdinand Lassalle.

Malgré une étude commanditée par la mairie en 2015, qui chiffrait ces travaux entre 7 et 10 millions d’euros, Toulouse métropole affirme avoir défendu depuis plusieurs années un plan de rénovation de l’ordre de 3 millions d’euros (voir notre article de mars). Un montant jugé insuffisant par le collectif pour une rénovation convenable des 5000 m² d’entrepôts, et notamment des normes incendie.

Selon nos informations, malgré une relance de Mix’art Myrys début septembre, aucun processus de conciliation n’a pour l’heure été engagé entre le collectif et la métropole. L’avocate du collectif Claire Dujardin aurait envoyé le 4 octobre un courrier officiel au Capitole, dans lequel elle réclame formellement une réponse avant la date du 15 octobre.

« Nous avons respecté les délais d’usage. Il s’agit de ramener l’affaire du tribunal administratif à un tribunal de droit commun, car le litige concerne la relation d’un locataire et de son propriétaire », explique le coordinateur de Mix’art Myrys, Joël Lécussan.

La métropole ne nous a pas répondu, pour l'heure, sur ses intentions. En attendant de connaître l’épilogue du feuilleton, qui sera connu le 16 octobre, le collectif étudie la faisabilité d’un relogement temporaire sur une commune voisine. Mais que l’affaire aille ou pas au contentieux, pas question pour Mix’Art Myrys d’envisager un départ définitif de la place toulousaine.

Armelle Parion
Armelle Parion collabore avec Mediacités Toulouse depuis octobre 2018, enthousiaste d’avoir trouvé un média qui fait la part belle aux enquêtes. Correspondante pendant neuf ans pour le Parisien-Aujourd’hui en France, elle a aussi travaillé pour la radio (Radio France, Radio Solidaire) ainsi que des supports économiques (Touléco) et culturels (Lettre du spectacle).

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