«Ça a été dur à décider, mais je crois qu’on a bien fait. » A l’occasion de sa conférence de presse de rentrée – et bilan de mi-mandat -, le 29 septembre dernier, Martine Aubry affichait sa satisfaction concernant le passage au payant du zoo de Lille, mis en oeuvre cinq mois auparavant. « On a le même nombre de visiteurs que quand le zoo était gratuit », a même affirmé la maire de Lille pour justifier ce satisfecit. Une déclaration étonnante au vu des premiers chiffres recueillis par Mediacités auprès de l’élue EELV en charge du dossier, Lise Daleux.

Du 8 mai, date de mise en place de la tarification, au 24 octobre, le parc zoologique a en effet enregistré 192 000 entrées, soit une moyenne de près de 35 000 visiteurs par mois. A comparer avec une moyenne mensuelle de 83 200 visiteurs observée au cours de la saison 2016. Loin d'avoir été neutre, la fin de la gratuité pour tous s'est donc traduite par une chute de la fréquentation de 58 % ! Confirmant ainsi les craintes de la municipalité évoquées dans le premier article de Mediacités sur le sujet. La mesure a en revanche précipité 249 000 personnes dans les allées du zoo durant le mois qui a précédé, du 8 avril au 7 mai.

« Le passage au payant marque les choses, il y a sans doute eu un effet d’appel d’air lors du premier mois gratuit, puis une baisse de la fréquentation », analyse Lise Daleux. Curieusement, celle-ce ne s'est pas accompagnée d'une modification dans la répartition des visiteurs. Les Lillois et les habitants des communes associées, Hellemmois et Lommois, qui continuent de ne rien payer, représentent toujours environ 20 % des entrées. Une proportion conforme aux sondages effectués depuis plusieurs années par la mairie. Au total, 16 000 habitants de Lille et des communes associées ont fait établir le pass permettant l'accès et 4 000 autres ont activé un pass déjà existant (senior, piscine, bibliothèque).

Des recettes deux fois plus importantes que prévu

La baisse de la fréquentation ne remet toutefois pas en cause la décision de la municipalité lilloise. « Les gens manifestent leur contentement, commente Lise Daleux, c’est peut-être plus tranquille pour visiter. On profite mieux du zoo. » Et d'affirmer : « Il n’y a rien à regretter. On n’aurait pas tenu dans la durée si on n’était pas passé à la tarification. » Car la mise en place d'une tarification correspond aussi une nouvelle ambition, rappelle l’élue : engagement dans un programme d’élevage européen, volière immersive, accueil de nouvelles espèces, animations plus nombreuses...

L'opération s'avèrerait en tout cas plus rentable que les prévisions – il est vrai prudentes – de la mairie. « Nous avions tablé sur 220 000 euros de recettes pour toute la période (jusqu’au 26 novembre, date de fermeture hivernale) or nous en sommes déjà à 400 000 euros », détaille Lise Daleux. Mais elle se refuse à toute extrapolation sur 2018. « On va rester prudent », glisse-t-elle. Force est de constater, en tout cas, que sur la page Facebook du zoo, les commentaires portent davantage sur les naissances et autres nouvelles concernant les animaux que sur le prix à payer pour les voir.