«Copie à revoir » : c'est la prescription de la Préfecture du Nord concernant l'avenir de l'ambitieuse zone d'activité Lil'aéroparc. Mediacités vous avait annoncé la tenue d'une réunion au sommet sur le dossier en ce début d'automne. Le principal obstacle concernait l'interdiction de construire sur les terrains captant l'eau potable de la métropole à Lesquin. Selon les services préfectoraux, celle-ci peut souffrir une dérogation, à condition que la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) reconfigure son projet de parc d'activités.

« Elle doit éviter de faire sur ce site ce qui pourrait se faire ailleurs », indique Xavier Fouquart, représentant de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). Ne seront donc validées dans le futur programme que des activités en lien direct avec l'aéroport. Ironie de l'histoire : la CCI a perdu la concession d'exploitation de cet équipement, au cours de l'été, au profit du groupe Eiffage. Entre un quart et un tiers des 200 000 mètres carrés de bâtiments prévus disparaîtront de la nouvelle version du projet, annoncée pour début 2020.

Une liaison Lille-Lesquin par navettes suspendues ?

De surcroît, l'organisme consulaire doit « retravailler la question de la mobilité », le tram envisagé par la Mel entre Lille et l'aéroport étant enterré. « Nous allons multiplier les alternatives à la voiture individuelle, assure Louis-Philippe Blervacque, président de la CCI Grand Lille. Et nous finançons une étude sur une liaison Lille-Lesquin par navettes suspendues ». Un mode transport innovant, entre aérotrain et téléphérique, conçu par la start-up lyonnaise Supraways.

Enfin, le porteur du projet doit garantir la protection de la nappe phréatique. « Nous serons exemplaires, dit encore Louis-Philippe Blervacque. Nous améliorerons peut-être même la situation puisque l'eau est aujourd'hui affectée par les usages agricoles ». Et d'évoquer le banissement des pesticides, l'infiltration maximum des eaux pluviales, des systèmes de rétention de l'eau employée pour combattre un éventuel incendie... De fait, il faudra viser haut. La DDTM le rappelle : « Toute emprise au sol a un impact sur la quantité et la qualité de la ressource en eau, quels que soient les moyens techniques mis en oeuvre ».