Le chœur tient le rôle principal dans la nouvelle production de l’opéra de Lyon, War Requiem. Et c’est en chœur que les salariés se sont exprimés ce lundi soir, 9 octobre, à l’occasion de la première représentation de l’œuvre de Benjamin Britten mise en scène par le japonais Yoshi Oida. Avant que débute le spectacle, artistes et techniciens se sont tenus sur scène face au public pendant qu’au micro, en coulisses, une voix masculine lisait un tract intitulé « Intermittents, permanents : mêmes coulisses, mêmes pressions ». « L’assistance les a écoutés avec beaucoup d’attention avant de les applaudir », raconte une spectatrice, abonnée à l’opéra.

Les agents, tous services confondus, ont voulu attirer l’attention sur les négociations en cours depuis juin dernier et portant sur leurs salaires et leurs conditions de travail. Ils dénoncent pêle-mêle la proposition jugée dérisoire d’augmenter en moyenne de 14 centimes brut de l’heure les bas salaires (soit les machinistes, accessoiristes, électriciens, habilleurs et costumiers rémunérés entre 11,37 et 11,98 euros de l’heure), la délocalisation à l’étranger de la fabrication de certains costumes et décors ou encore le manque de moyens humains dans les services techniques pour faire face au nombre de spectacles programmés dans la saison.

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Leur intervention s’est conclue par un rappel de l’affaire Serge Dorny, à la tête de l’opéra, dévoilée en mai par Mediacités : « Les révélations du printemps dernier sur les notes de frais et le niveau de vie de notre directeur ont mis en lumière les déviances dans l’utilisation de l’argent public. (…) Par ce geste [la prise de parole], notre but est de peser pour qu’un véritable dialogue constructif s’ouvre enfin ».

Grande attente parmi les intermittents

Assis parmi le public du parterre, Serge Dorny a quitté la salle au cours de l’intervention des salariés pour réapparaître quelques minutes plus tard sur scène. Au micro, le directeur a assuré que les négociations se poursuivraient, et souhaité le retour d’un peu de sérénité avec le début de la représentation.

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« Les négociations vont continuer, commente Nicolas Cardoze, délégué Snam-CGT (syndicat national des artistes musiciens). L’attente est grande parmi les salariés intermittents qui, depuis 10 ans, voient leurs salaires évoluer beaucoup moins vite que ceux des permanents. Avec par-dessus cela l’histoire des frais de Serge Dorny, l’opéra est un peu comme une marmite… Nous attendons désormais un signe de la direction sur les bas salaires. » Vendredi dernier, le 6 octobre, une assemblée générale a réuni une centaine de salariés de l’institution. Il a été décidé qu’ils ne se mettraient pas en grève pour la première de War Requiem. Mais un préavis court toujours et le mot "grève" est sur de nombreuses lèvres.

Nicolas Barriquand
Cofondateur de Mediacités et rédacteur-en-chef de l'édition lyonnaise. Avant de retrouver les bords du Rhône et de la Saône, j'ai travaillé comme correspondant au Vietnam (pour Libération, le Temps, le Soir) et ai sillonné la France six années durant pour les éditions locales de L'Express.