« Les intercommunalités sont des prisons dorées pour les élus »

Pour Fabien Desage, maître de conférence en science politique à l’université de Lille et co-auteur avec David Guéranger du livre La politique confisquée, l’affaire Castelain et l’absence de réactions des élus signe le déficit démocratique des structures intercommunales.

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Les élus de la Métropole européenne de Lille ont applaudi le discours de leur président, Damien Castelain, exprimant sa « haine » suite aux révélations de Mediacités sur la prise en charge de certaines de ses dépenses privées par la collectivité. Capture d’écran, vidéo France 3.

Avez-vous été surpris par l’affaire des frais de représentation du président de la métropole européenne de Lille (MEL) que nous avons publiée ?

J’ai surtout été surpris par l’absence de réactions des autres élus. C’est un indice supplémentaire que les institutions intercommunales ne tournent pas rond. Ailleurs, les pratiques incriminées (l’utilisation d’argent public à des fins personnelles, ndlr) auraient été dénoncées. Pas à la MEL. Ce fut déjà le cas lorsque le président Castelain a été mis en examen dans le cadre du dossier du Grand Stade. Jamais la question de la remise en cause du mandat du président de la MEL ne s’est sérieusement posée malgré sa double mise en examen. Pourtant au même moment à Paris, tout le monde s’interrogeait sur la possibilité pour Richard Ferrand de rester à son poste ministériel alors qu’il faisait l’objet d’une information judiciaire pour prise illégale d’intérêts.

Comment l’expliquez-vous ?

Parce que dans ces instances de compromis que sont les intercommunalités, les élus se tiennent, il n’y a pas véritablement d’opposition. Ils sont tous partie prenante d’une grande coalition de gouvernement et il leur est très difficile de s’opposer . . .

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Temps de lecture : 4 minutes

Par Jacques Trentesaux