Des papillons. En ce jour de septembre 2018, Martine Aubry ne peut s’empêcher d’expliquer, lors de sa conférence de presse de rentrée, qu’elle a vu des papillons dans son jardin. « C’était la première fois », s’émeut-elle. L’élue y voit un signe du travail réalisé par la Ville en matière de biodiversité. Et ça lui donne des ailes ! La voilà déroulant sa priorité pour l’année : la transition écologique. Quatre mois plus tard, lors de ses vœux à la presse, elle insiste. Ses deux priorités pour 2019 ? La « justice sociale » et… « la transition écologique ».

Martine Aubry serait-elle devenue subitement écolo ? Son ancien bras droit, Gilles Pargneaux, s’étrangle : « Elle n’a jamais été de la mouvance sociale-écologique. Ce qui fait le socle de la social-démocratie à la française, c’est l’emploi, la croissance, la construction et l’aménagement lié à l’immobilier. D’ailleurs, quand on regarde le mandat depuis 2014, Martine Aubry, c’est la productiviste à l’état pur. » La critique est rude. S’expliquerait-elle par le fait que l’ancien député PS européen a rallié Emmanuel Macron, l’ennemi N°1 des socialistes ?

Pour le vérifier, Mediacités s’est replongé dans les programmes des municipales de 2008 et 2014. Le constat est limpide : l’écologie est loin de figurer au cœur du programme de Martine Aubry. Dans le document de 40 pages édité pour le mandat 2008-2014, seules deux pages sont consacrées à « Lille, ville nature ». La candidate y évoque les projets de rénovation de la Citadelle (labellisé espace vert écologique), l’aménagement du Jardin des Sports à Wazemmes, la création du Jardin des Géants à Saint-Maurice Pellevoisin, du Jardin d’eau aux Bois-Blancs, de corridors verts à Lille-sud ou la suppression des pesticides...

https://www.mediacites.fr/lille/decryptage-lille/2018/01/12/a-lille-le-combat-inegal-entre-ville-dense-et-espaces-verts/

Entre 2008 et 2014, Martine Aubry laisse son adjoint écologiste aux espaces verts, Eric Quiquet, s’emparer de ces dossiers. Un ex-élu municipal raconte : « Elle a passé son temps à freiner l’action des Verts. Ce n’est même pas du greenwashing

* Le greenwashing est un procédé de marketing ou de relations publiques utilis . . .

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