Le sénateur LR du Nord Marc-Philippe Daubresse, lors d'une émission à Public Sénat le 26 juin 2018. / © Capture d'écran Public Sénat

Lambersart signe l’arrêt de mort du « Daubresse Land »

C’est un nouveau pan de l’héritage de Marc-Philippe Daubresse qui va disparaître. Le 14 octobre, celui qui a occupé la mairie de Lambersart pendant près de 30 ans a vu son ex- « bonne ville », désormais dirigée par Nicolas Bouche, décider de se retirer du Sivom Alliance Nord Ouest. Sachant que, pour ses adversaires, ce fameux Sivom était plus qu’un syndicat intercommunal : une pièce essentielle du système mis en place par l’ex-député, ex-ministre et toujours sénateur LR pour contrôler son son fief électoral. « MPD » en a en effet exercé pendant près d’un quart de siècle la présidence de cette intercommunalité (dont les frontières recoupent en grande partie celles de son ancienne circonscription de député). Il en a été l’élu 22 ans durant.

La décision de Lambersart de quitter le Sivom, qui a réuni jusqu’à 14 communes du nord-ouest de Lille, ne surprendra pas les lecteurs de Mediacités. Nous avions détaillé, en avril 2019, la façon dont cette structure tendait de plus en plus à devenir une « coquille vide ». Le maire de Lambersart, Nicolas Bouche, ne dit pas autre chose aujourd’hui.

https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2019/04/05/intercommunalite-la-coquille-du-daubresse-land-sonne-de-plus-en-plus-creux/

« Le Sivom a été créé il y a plus de 40 ans avec des compétences communes. Depuis la loi a évolué, le Sivom s’est vu retirer un certain nombre de compétences, pour la plupart au profit de la Métropole européenne de Lille, a-t-il expliqué lors du conseil municipal jeudi dernier. Nous avons réfléchi sur l’intérêt de maintenir Lambersart dans le Sivom. Parallèlement, le Sivom a sollicité un audit que nous avons reçu en juin, nous l’avons étudié. Nous considérons que les compétences exercées par le Sivom pourraient être exercées par la commune ou d’autres intervenants et que le coût supporté par Lambersart est excessif par rapport aux services rendus. »

Défections en série

Lambersart n’est toutefois pas la première commune à annoncer son souhait d’abandonner le navire. La Madeleine l’a déjà quitté avec fracas en 2019 et Bondues et Comines ont demandé à le faire cette année. Mais Lambersart est la première contributrice financière de la structure. Pas sûr que le Sivom puisse survivre à son départ.

L’arrivée de nouvelles équipes municipales en 2020 avait pourtant conduit à une réforme de la gouvernance du syndicat intercommunal, impliquant une réduction de onze à quatre du nombre de vice-présidents et de l’enveloppe d’indemnités qui va avec (celle-ci passant de 110 000 à 50 000 euros par an). Une réflexion sur les missions de la structure a également été menée avec l’aide du cabinet de conseil KPMG qui a remis un rapport en juin dernier. D’après La Voix du Nord, Nicolas Bouche était prêt dès cette date à annoncer le départ de sa commune. Il a repoussé le vote de la délibération le temps d’examiner l’audit en détail. Un simple sursis...

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