C’est l’un des projets structurants adoptés par la Métropole européenne de Lille (MEL) en 2019. Le tramway Roubaix‐Tourcoing était soumis à une enquête publique auprès des habitants cet hiver en vue de sa déclaration d’utilité publique, essentielle au démarrage des travaux. Dans les conclusions de son rapport publiées le 24 mars, la commission d’enquête a validé le projet dans son intégralité malgré quatre réserves et neuf recommandations. Pourtant, depuis 2022, de nombreux habitants se mobilisent sur des secteurs spécifiques pour manifester leurs inquiétudes et incompréhensions quant à certains choix de l’exécutif métropolitain.
Un projet attendu mais pas assez ambitieux sur le plan environnemental
La commission d’enquête souligne que de manière générale, les avis sur l’ensemble du projet sont « globalement équilibrés entre avis favorables et défavorables. Ils traduisent soit une attente et une satisfaction du renforcement de l’offre de transport en commun, soit une inquiétude vis‐à‐vis d’un projet dont ils ne perçoivent pas l’utilité ».
Mais si ce projet de tramway permet de proposer une alternative crédible à la voiture, la Métropole européenne de Lille ne prévoit étonnamment qu’une incidence minime sur le trafic automobile : ce sont seulement 1,1 % des déplacements en voiture qui seraient évités sur l’ensemble de la MEL soit 19 891 déplacements en moins (la MEL précise qu’à l’échelle du territoire concerné, ce seraient 2,7 % de déplacements en moins). Cet objectif très faible est relevé à la fois par la commission d’enquête et par la Mission régionale de l’Autorité environnementale (MRAe).
De nombreux contributeurs au projet ont par ailleurs critiqué les données utilisées par la MEL pour justifier des tracés retenus. La MEL se base en effet sur une enquête ménages‐déplacements datant de 2016. La mise à jour de cette enquête actuellement en cours n’a pu être achevée avant l’enquête publique, ses résultats n’étant attendus que pour 2027.
Interrogé par Mediacités, Antoine Lévêque, enseignant‐chercheur en sociologie urbaine à l’Université Paris Dauphine, explique que « le report modal n’est pas la seule raison à prendre en compte pour justifier de l’implantation d’un équipement : il faut aussi s’intéresser au gain …