Derrière la vague verte et la fin de l'ère Gérard Collomb, certaines communes de la métropole de Lyon ont aussi vécu une élection à suspens ou à rebondissements dimanche soir. Tour d'horizon non exhaustif. 

Bron : Jérémie Bréaud met fin à 50 ans de socialisme

Une entaille de plus dans l’ancienne ceinture rose-rouge de l’Est lyonnais. Le candidat Les Républicains Jérémie Bréaud offre un sérieux lot de consolation à une droite fort malmenée lors de ces élections. Avec 51,23% des suffrages, il recueille moins de 200 voix de plus que son adversaire, le maire sortant Jean-Michel Longueval (PS) qui s’était pourtant allié avec les écologistes et le reste de la gauche dès le premier tour. Suffisant pour faire basculer cette commune de 41 000 habitants en fort développement. A 39 ans, formé à l’école Wauquiez et Gascon (le maire de Saint-Priest), Jérémie Bréaud réalise un exploit qui fait écho à celui d’Alexandre Vincendet, le patron des LR du Rhône, qui avait ravi Rillieux-la-Pape à la gauche en 2014. De quoi cerner la ville-centre verte d'une ribambelle de places fortes de la droite.

Givors : la chute du parti communiste

La soirée avait bien commencé pour les écologistes. Dans la commune du sud de la Métropole de Lyon, Mohamed Boudjellaba, le candidat soutenu par EELV, l'a emporté d’une courte tête devant la maire sortante PCF Christiane Charnay. Le Rassemblement national d’Antoine Mellies est passé à moins de 160 voix de la victoire. Mais le patron du parti d’extrême-droite dans le Rhône termine finalement à la troisième place. La ville de 20 000 habitants était le seul espoir de victoire du RN dans le Grand Lyon. Arrivé en second position au premier tour, Antoine Mellies espérait profiter d’une quadrangulaire incertaine, les trois autres candidats (PCF, écologiste et LREM) n’étant pas parvenus à s’entendre pendant l’entre-deux tours. Impossible pour Mohamed Boudjellaba, opposant acharné à la majorité communiste en place depuis l’après-guerre, de s’allier avec Christiane Charnay, pourtant partie prenante de la coalition avec les écologistes au niveau métropolitain. A l’origine de plusieurs procédures judiciaire contre la majorité communiste de Givors, ce fonctionnaire métropolitain prend donc la tête de l’ancienne ville ouvrière, l’une des plus pauvres de la Métropole.

Entraînés dans la chute de Gérard Collomb

 A Saint-Fons, la maire sortante Nathalie Frier (divers centre) a été nettement battue par Christian Duchêne (divers gauche). Conseillère métropolitaine, Nathalie Frier faisait partie des soutiens importants de Gérard Collomb, d’abord au sein du groupe Synergies (les maires « sans-étiquette » de centre-droit) puis du groupe Demain la Métropole créé cet hiver par des fidèles du baron lyonnais dans le contexte de la guerre de tranchée menée contre les troupes de David Kimelfeld. Autre commune, même constat : à Saint-Genis-Laval, le maire sortant Roland Crimier (LREM), vice-président à la Métropole de Lyon et fidèle de Gérard Collomb, a été surpassé par Marylène Millet (centre).

Les paris ratés

A Oullins, Jean-Charles Kohlhaas (EELV) a touché du doigt son rêve. Mais l’élu régional, fervent opposant de Laurent Wauquiez, ne hissera pas le drapeau vert sur l’hôtel de ville aux mains de la droite depuis 1990. Avec moins de 150 voix d’écart, la maire sortante Clotilde Pouzergue, héritière de François-Noël Buffet, conserve sa place. A Francheville aussi il s’en est fallu d’un cheveu pour que l’écologiste Bernard Legrand pousse Michel Rantonnet (LR) vers la sortie : seulement 72 voix séparent les deux candidats dans cette ville de 14 000 habitants.

Le coup de Trafalgar : Chassieu

Aux échecs, on appelle ça un pat. Dans la petite commune de l’Est lyonnais, le maire sortant Jean-Jacques Sellès (divers droite) et son adversaire Sylvaine Coponat ont obtenu exactement le même nombre de voix : 1285 pour être précis. Dans ce cas, la loi est formelle : la liste avec la moyenne d’âge la plus élevée rafle la mise. Une subtilité qui permet à Jean-Jacques Sellès de garder sa mairie, et de rafler 24 sièges sur 33. Malheur aux vaincus !

Mathieu Périsse
Mathieu Périsse collabore avec Mediacités Lyon depuis juin 2017, convaincu de la nécessité d’une information locale indépendante et percutante. Lyonnais de naissance, il a d’abord travaillé pour la radio (Radio France, RTS), notamment lors de reportages longs-formats à l’étranger (Afghanistan, Biélorussie, Chypre, Burkina Faso…). Membre du collectif de journalistes We Report, il écrit régulièrement pour Mediapart, journal pour lequel il a enquêté pendant un an sur la pédophilie dans l’Eglise catholique (également en lien avec Cash Investigation).