C’était une soirée électorale plutôt sobre. Marquée par le contexte : la crise sanitaire qui a entraîné le – long - report du second tour et une abstention exceptionnelle, flirtant à Nantes avec les 70%. Quelques effusions de joie dans le camp des Johanna Rolland, qui conserve son fauteuil de maire avec une large avance (59,67% des voix). Quelques mines compassées dans celui des vaincues, Laurence Garnier (LR – 27,61%) et Valérie Oppelt (LREM – 12,71%), qui n’ont jamais pu inverser une tendance déjà mal embarquée le 15 mars dernier. Le tout restant finalement très mesuré.

Ainsi s’est donc achevée cette curieuse élection municipale, disputée dans des conditions inédites mais pourtant sans surprise. Un an, ou presque, après le début de la campagne, Johanna Rolland rempile à la mairie pour un second mandat, à la tête d’une majorité large et composite, où figurent toujours les écologistes. De leur côté, Laurence Garnier et la droite retrouvent les bancs de l’opposition, un peu moins nombreux qu’auparavant, mais flanqués de quelques petits nouveaux, les élus du groupe En Marche… Alors, rien de neuf sous le soleil nantais ? Pas tout à fait.
1 - Record d’abstention et nouvelles exigences démocratiques
Massif, colossal, historique… Dimanche soir, toute la batterie de superlatifs était de sortie pour qualifier le niveau d’abstention atteint lors de ce scrutin décidément hors normes. En France, 58,4% des électeurs inscrits sur les listes électorales ne s’étaient pas déplacés pour mettre leur bulletin dans l’urne (22 points de plus qu’en 2014). En Loire-Atlantique, ils étaient 64,3% (+29). A Nantes, 69,1% (+23)... De quoi tempérer largement la joie de la victoire. « Le pacte démocratique est ébranlé », notait d’ailleurs Johanna Rolland, en préambule de son discours. « L’abstention nous oblige, renchérissait à ses côtés Julie Laernoes, son alliée écologiste. Il faudra exercer le pouvoir différemment : dans la consultation, la concertation ».

Il faudra en tout cas trouver une solution pour impliquer à nouveau les citoyens dans . . .

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Benjamin Peyrel
Co-fondateur de Mediacités et rédacteur en chef de son édition nantaise. Avant de me lancer dans cette aventure, j'ai débuté au quotidien La Croix et suis passé par différentes rédactions (L’Humanité, Le Parisien, etc), avant de rejoindre L’Express et d'écumer préfectures et sous-préfectures pendant dix ans. Je m’intéresse notamment aujourd’hui aux montagnes de données que les collectivités comme les citoyens produisent quotidiennement et aux moyens de les utiliser pour faire avancer l'information.