Après un entre-deux tours inédit de trois mois et demi, le second tour des élections municipales se termine à Toulouse et dans les communes alentours. Mediacités vous fait vivre en direct cette soirée électorale hors normes. Enjeu du scrutin : Jean-Luc Moudenc gardera-t-il sa place ou sera-t-il remplacé par Antoine Maurice, la tête de liste écologiste d’Archipel Citoyen ?

Les résultats à Toulouse et alentour, ce 28 juin

23h – Les résultats définitifs à Toulouse. Jean-Luc Moudenc, le maire LR sortant l’emporte avec 55 612 voix, soit 51,87 % des suffrages exprimés. Il devance son adversaire Antoine Maurice de 4 017 voix. Le chef de file d’Archipel citoyen engrange 48,13 % des voix.

Les deux candidats recueillent respectivement les voix de 22,7 % et 21,06 % des électeurs inscrits. Car, c’est l’autre information de la soirée : moins d’un électeur sur deux s’est déplacé pour voter. Bien que la participation soit plus élevée qu’au premier tour, sur les 245 018 inscrits, 134 927 électeurs se sont abstenus ce dimanche 28 juin.

22h40 – Victoire pour Cap citoyen à Cugnaux. Très disputée à l’issue du premier tour, la commune donne finalement la victoire à la liste divers gauche d’Albert Sanchez, avec 37,10 % des voix (1 755 votes). Ces adversaires engrangent respectivement 28,47 % des voix pour Marie-Hélène Roure (Cugnaux Ensemble), 26,10 % pour Marie-Laure Burtin (Cugnaux Regard Neuf) et 8,33 % pour Yoann Escabasse (Un avenir pour Cugnaux – RN). La participation s’élève à 40,63 % des voix.

22h00 – Euphorie à droite, grise mine à gauche. Dans la cour du Capitole, Jean-Luc Moudenc savoure sa victoire. « Je remercie les Toulousains, les militants et les sympathisants. On a fait une très belle campagne, je crois. Je sais comment rassembler les Toulousains au-delà des clivages. Nous avons proposé un projet de rassemblement et consistant pour accompagner la transition écologique », analyse l’édile sortant, réaffirmant qu’il prônait « une écologie réaliste, responsable et pragmatique ». « Les éléments d’extrême-gauche chez Archipel citoyen ne correspondent pas aux Toulousains. Nous avons opéré ce soir un rassemblement très large. Les électeurs se sont reconnus dans notre projet, ajoute-t-il. Quand on a un bon bilan, on peut tomber facilement dans un péché d’orgueil. De reconduire ce qu’on a fait. Mais il faut sans arrêt être capable de de s’adapter. Et de rester fidèle à ce qu’on est. »

Dans le camp d’en face, les mines sont plus sombres. Arrivé très applaudi au restaurant où s’étaient réunies ses troupes, Antoine Maurice prend acte de la défaite et reconnaît une certaine démobilisation de son électorat. Il regrette la campagne de caniveau et les attaques personnelles à son encontre. « Je suis fier que nous ne nous soyons pas abaissés à ce niveau », ajoute-t-il.

21h55 – Prudence au Capitole. Ambiance fébrile au Capitole. Alors qu’il se murmure que Jean-Luc Moudenc s’apprête à prendre la parole, seul son porte-parole Pierre Esplugas est présent sur place. « On ne peut pas parler de victoire. On est encore au stade du dépouillement », lâche-t-il. Un sondage Ipsos donne pourtant le maire sortant en tête avec 51,6 % des voix.

Dans le bureau 1, encore en dépouillement, les résultats des trois premières centaines de bulletins sont extrêmement serrés. Dans le bureau 2, au terme du dépouillement, Antoine Maurice arrive en tête, avec 245 voix contre 230. « Je ne suis qu’à moitié étonné que ce soit plus large qu’on ne le pense, mais prudence car les premières centaines qui donnent gagnant Jean-Luc Moudenc sont rarement les bonnes, analyse Pierre Esplugas. On entend parler de vague écolo partout. »

21h15 – Premières estimations favorables au maire sortant à Toulouse. D’après les premières estimations, Jean-Luc Moudenc l’emporterait avec 51,6 % des voix contre 48,4 % pour Antoine Maurice. La participation s’établit à 44,86 % des voix, contre 36,6 % au premier tour. « L’estimation donnée est très surprenante au regard du basculement des autres ville. Cela pose des questions sur la façon dont s’est déroulée la fin de campagne, avec notamment des mails envoyés jusqu’à hier », réagit Hélène Magdo, colistière LFI d’Archipel Citoyen.

A la sortie de son bureau de vote de Jean-Macé, l’ancienne députée LR et colistière Laurence Arribagé affiche un optimisme relatif :« Jean-Luc Moudenc y obtient 75 % des voix, avec une participation de 60 %. Je sais toutefois que ce n’est pas un bureau de vote représentatif. Je fais confiance aux Toulousains mais je ne vais pas m’avancer sur l’ensemble des résultats. »

20h45 – Deux salles, deux ambiances. Place Wilson, deux garde du corps en costume filtrent les entrées devant les portes vitrées menant au QG de Jean-Luc Moudenc. Impossible de savoir combien de personnes accompagnent le maire sortant. Sur France 3, Pierre Esplugas, porte-parole de la liste lâche une info : Jean-François Portarrieu, député LREM et colistier Aimer Toulouse, y participerait à un comité stratégique.

Du coté du J’GO, l’ambiance est plus animée. Outre de nombreux journalistes, une soixantaine de sympathisants d’Archipel Citoyen attendent les résultats « avec un peu de stress », devant un grand écran installé en extérieur.

20h30 – Changement de maire à Brax. Thierry Zanatta, tête de liste sans étiquette d’Agir pour Brax, l’emporte avec 45,13 % des suffrages exprimés (589 voix). Anne Lamotte, de la liste Poursuivons ensemble, recueille 419 voix, soit 32,11 % des suffrages. Le maire sortant François Lépineux, Osons Brax, s’incline avec 297 votes, soit 26,76 % des voix. 40,12 % des 2 216 inscrits se sont abstenus.

20h15Une liste citoyenne l’emporte à Mondonville. C’était l’une des communes encore en jeu au sein de Toulouse Métropole. La liste Citoyens Mondonvillois, menée par Véronique Barraqué-Onno, crée la surprise et l’emporte à 41,90 % face au premier adjoint sortant Michel Boiago de la liste l’Avenir Ensemble (31,12 %) et Gérard-Henry Campistron et sa liste Regards Mondonvillois 2020 (26,99 %). 50,69 % des électeurs se sont abstenus.

20h – Inquiétudes sur la mobilisation. Quelques sueurs froides chez Archipel Citoyen, où, selon nos informations, on s’inquiète « de la bonne mobilisation des personnes âgées observée ce matin dans les bureaux de vote ». « L’issue de la soirée va se jouer dans un mouchoir de poche », soupire un colistier.

19h – Qui passe la soirée où ? Jean-Luc Moudenc fera une déclaration depuis le salon rouge du Capitole vers 21h30/22h. D’ici là, le maire sortant suivra la soirée à son local de campagne, situé place Wilson. Ses colistiers vivront la soirée en privé, afin d’éviter les rassemblements. Du côté des Jeunes pour Toulouse avec JLM, aucun rassemblement n’est prévu pour l’heure, selon le responsable des jeunes militants LR31 Sébastien Canovas.

De leur côté, les militants d’Archipel citoyen se réunissent au restaurant le J’GO, près du marché Victor-Hugo. Antoine Maurice attendra les résultats depuis son QG, dans les espaces de travail partagés Étincelles. Il prendra la parole vers 21h45, au J’GO en cas de défaite et au Capitole, en cas de victoire.

18h – Abstention : bis repetita ? A 16h30, la participation s’établit à 32,18 % à Toulouse. C’est à peine mieux que dans le reste de la Haute-Garonne où à 17 h, seuls 29,27 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes ce dimanche 28 juin.

Le 15 mars, à la même heure, le taux de participation était de 29,77 % à Toulouse, et de  34,1 %, dans le reste du département.

En 2014, la participation s’établissait à 45,13 % au 2e tour en fin d’après-midi dans le département.

 

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Point final.

4 COMMENTAIRES

  1. LA DEFAITE MORALE DE EELV
    La victoire de JL. Moudenc, c’est d’abord et avant tout l’archi-pelle du mouvement politique Vert à Toulouse qui, pour l’heure, entre en phase de digestion. Comme d’usage, la défaite est due à un adversaire assommé d’épithètes synonymes de « déloyal » ; ici, en l’occurrence, c’est la locution « campagne de caniveau » qui a été choisie comme élément de langage. Bien.
    Le temps que l’amertume de la potion se dissipe, on pardonnera donc à un mouvement tellement « différent » d’user de poncifs aussi éculés pour tenter d’expliquer la déception qu’il vient d’infliger à ceux qui avaient cru en sa volonté de transformer le débat public.
    On rappellera aux initiateurs d’Archipel que la politique, c’est d’abord de l’histoire, à commencer par la sienne. Ce mouvement n’y échappe pas : il revendique s’être fondé sur une volonté de réunir « des citoyens venus de tous les horizons ». A grands coups de violons « participatifs » on les invitait à débattre (à s’écouter, donc) pour qu’émerge de ce fourmillement la substance de la Ville de Demain. En bout de ligne : une liste électorale portée in fine par des encore anonymes dont les capacités auraient émergé. Ainsi, en les portant sur la liste, on aurait validé leur représentativité « citoyenne », acquise au mérite. En filigrane de ce discours, on présumait qu’il n’y avait pas de leader, et qu’il allait falloir en trouver un parmi ces bonnes volontés.
    Cette idée, était d’autant plus séduisante qu’elle était née dans l’arrière-salle d’un café où, nous disait-on, « cinq ou six copains et copines se réunissaient sans trop savoir quoi faire pour changer la ville » mais qui, à force d’infuser leurs doutes ont dégagé une certitude : « réunir le plus largement possible les Toulousains et faire émerger une volonté commune » qui, bien sûr, finirait par tailler un costard à l’hôte du Capitole dans un esprit « ouvert », « écologique », « social », sans oublier de caser le mot « bienveillant » à tous les étages.
    La légende urbaine s’installe et surfe sur son élan œcuménique un an durant (environ) dans un café d’Arnaud Bernard jusqu’au funeste 14 septembre 2019, où le faux nez commence à glisser lors d’une réunion de rentrée, salle de Barcelone, où derrière la piétaille appelée à phosphorer sur ce « projet pour tous », « sans leader », on aperçoit dans la coulisse Christine Arrighi, déléguée régionale EELV, qui ne vote pas à Toulouse. A ceux qui s’inquiétaient de cette présence « politique » Maxime Texier répondait que « certes il pouvait y avoir des membres d’EELV parmi les candidats mais (tout est dans le « mais ») : ils sont là à titre purement individuel ». Ah, bon. Rien de grave, donc.
    Il a fallu attendre le 17 novembre 2019 pour s’en persuader : le jour de clôture du scrutin numérique devant désigner les futurs membres de la liste, EELV bourrait les urnes électroniques pour hisser en tête ses candidats. Le « mouvement citoyen » avait vécu, EELV tombait le masque dès le lendemain, en révélant, via un communiqué de presse, que ce jouet était bien le sien : : « alors que les autres partis politiques n’y voyaient nul intérêt » (pour une liste « ouverte » on sent tout de suite l’œcuménisme qui vient), « c’est avec grand plaisir et fierté que EELV Toulouse voit aujourd’hui l’ensemble des douze candidat/es qu’elle avait proposé être retenu/es » (tiens, ce n’était donc pas des candidatures individuelles ?). Toute honte bue, EELV finissait le calice en lâchant les chiens, mais pas l’os, se hissant tout à coup : « force motrice légitime (…et…) garants de cette démarche d’espérance et de rupture ». Pour un mouvement qui entend en finir « avec les anciennes pratiques politiciennes » cette auto-proclamation confiscatoire aux relents de cuisine rad’soc est hélas restée dans les armoires de l’insolite. Peu ont réagi au piège qui venait de se refermer : au terme d’une duperie organisée depuis plus d’un an, EELV venait de s’offrir pour pas cher le fonds militant qui lui fait cruellement défaut (avec 250 adhérents, va courir les marchés…).
    En ce qui me concerne, j’ai voulu, au cours d’une réunion, allumer quelques signaux, n’était-t-on pas dans un mouvement « éthique » où, comme il est écrit dans « la charte », le débat est permanent, où la parole est libre, où chacun a sa place pour s’exprimer… Je n’ai rencontré que de l’hostilité et un empressement certain à me faire taire. Antoine Maurice, lui, regardait ses chaussures. Avec la douzaine de sycophantes qui venait d’organiser la fameuse victoire « au mérite » inscrite dans les statuts, il ne pipait mot. C’était gagné : ils avaient pour eux La Foule, l’horrible foule des croyants. Trompés, abusés, victimes d’une escroquerie intellectuelle, mais déjà chiens de garde de la déconfiture qui vient. Pauvres gens.
    Pauvres « citoyens » grugés -mais avec « bienveillance », n’est-ce pas- c’est à eux que je pense aujourd’hui, ces milliers de Toulousains aveuglés qui, par naïveté sans doute, n’ont pas su ou voulu voir les clignotants allumés avant même la désignation de la liste ; ou par passivité, laissé s’incruster un parti politique dans un mouvement qui se prétendait « en dehors ». J’espère au moins qu’ils auront retenu que, derrière la façade « démocratique » EELV se cache précisément le système qu’ils prétendent dénoncer par ailleurs. Mais ça, c’est sans doute plus dur à digérer qu’une « campagne de caniveau » qu’on prête à ses adversaires.
    EELV va maintenant devoir trouver des raisons à sa défaite. Mettront-ils des mots sur cette stratégie foireuse qui a consisté à se cacher en silence derrière le rideau pour agréger des forces vives, récupérer des petites mains, et surgir soudain « en force motrice légitime » alors qu’ils ne figuraient nulle part sur le casting initial ? On peut se tromper, ce n’est pas antinomique avec la sincérité et, à cet égard personne ne pourrait leur en vouloir. Mais comment aujourd’hui justifier de façon claire cet épisode, quand tout repose sur une fourberie ?

  2. Merci beaucoup Philippe d’avoir apporté ces informations qui outre ton talent habituel montrent et expliquent finalement comment cette ville va encore une fois poser un lapin à l’Histoire. La sienne.
    Pendant ce temps là ma ville natale et ennemie de classe soit disant, chic beige et maintenant chic vert, sort de plus de 70 ans de droite Church et Burberry telle la Belle Endormie du Port de la Lune, grâce à un écolo pragmatique, tiré du chapeau électoral, monomaniaque comme on peut l’être dans le pays Basque intérieur, et non appareillé. L’étiquette, il s’en tamponne.
    Depuis 1994 il fout des baffes à ceux qui s’en prennent aux marronniers de Mauriac. Entre autres.
    Et comme avocat il sait ce que passer devant un tribunal de commerce signifie dans la vraie vie pas toujours bienveillante.
    Et nous alors? J’ai pris la liste des noms fatigués du futur conseil municipal toulousain : et je me suis dit encore plus après t’avoir lu : six ans ce sera long. Surtout dans l’obscurité …
    A Bordeaux Hurmic annonçait ce matin sur RTL que son opposition prendrait la tête de sa commission des finances. Je me sens soudain comme une petite envie de Pessac-Leognan en bouche…Claquement de langue
    Encore Bravo Maître Hurmic mais. ..Hélas pour nous les Toulousain : car la médiocratie virale n’a que très peu de gestes barrières prévues pour n’en point causer de morts Ahhhh ! Oui que c’est vrai ça !
    DV

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