Son nom est inconnu du grand public. Et pourtant, Cunningham Lindsey – 6 000 salariés dans plus de 60 pays – intervient au quotidien pour les accidents de la vie courante. Un incendie, un dégât des eaux, un cambriolage ? En cas de sinistre, chez un particulier comme dans une entreprise, les assureurs font appel à cette société d’expertise pour évaluer les dommages. Sur son site Internet, Cunningham Lindsey indique même être intervenu après la prise d’otages de l’Hyper Cacher porte de Vincennes en 2015 pour le sinistre du supermarché.

Cette société américaine, dont le siège social est à Tampa en Floride, propose toute une gamme de services, de l’évaluation des œuvres d’arts à l’estimation des préjudices immatériels subis par une entreprise high-tech. Une omniprésence juteuse : le groupe a généré 707 millions de dollars (environ 601 millions d’euros) de chiffre d’affaires en 2016. En avril 2018, elle a été rachetée par le groupe américain Sedgwick, spécialisé dans la gestion des risques. Sa filiale française, un des marchés prioritaires du groupe, emploie plus de 900 salariés, pour un chiffre d’affaires de plus de 80 millions d’euros. Voilà pour la partie émergée de l’iceberg…

D’après nos informations, tirées des Paradise Papers, Cunningham Lindsey qui se présente comme le leader mondial de l’expertise d’assurances, a mis en place un schéma complexe d’optimisation fiscale notamment en France. Ses ramifications s’étendent au Luxembourg, dans l’Etat américain du Delaware, aux Pays-Bas – des territoires réputés pour leurs avantages fiscaux – et jusqu’au paradis fiscal des Îles Caïmans.

Un montage ausculté, en partie, par la justice

Dans le cadre de notre opération Offshore, nous avons repéré dans la base de données du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) le nom d’Olivier Vial. Cette personne, qui renvoie à une adresse dans l’agglomération lyonnaise, dirige Cunningham Lindsey France depuis 2015, après avoir eu la responsabilité de la branche Rhône-Alpes. Il compte parmi les nombreux actionnaires – dont une vingtaine de Français – de CL Acquisition Holdings, une entreprise enregistrée aux Îles Caïmans en 2012. Il s’agit, selon nos informations [voir le document plus . . .

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