«Bonjour. Je vous contacte car j'ai un projet d'exploitation agricole avec ma compagne. Nous avons trouvé un agriculteur qui cédera sa terre dans quelques mois. Un terrain de 20 hectares.
- Super, dans quel coin ?
- Dans la métropole lilloise. Exactement dans le périmètre que nous ciblions.
- Vous avez eu beaucoup de chance. C'est un secteur très prisé et la terre disponible y est rare. Que puis-je faire pour vous ?
- Voilà, au moment où nous parlions chiffres, l'agriculteur nous a rétorqué : "comment s'arrange-t-on pour la reprise ?" Ce à quoi nous avons répondu : "comment ça ? "
- Oui, je vois, pas de panique. Le contraire m'aurait étonné. Je vais vous expliquer. La reprise, connue aussi sous les termes de pas-de-porte ou d'arrière-fumure, est une particularité de Nord de la France. Une pratique illégale mais totalement ancrée dans le paysage agricole consistant à rétribuer le locataire cédant car il vous met à disposition de la terre qu'il a travaillée et améliorée estime-t-il. Pour le dire franchement, il s'agit de dessous-de-tables. Combien vous a-t-il demandé ?
- Des dessous-de-tables ? Vous plaisantez !? 10 000 euros l'hectare. Soit 200 000 euros !
- 10 000 euros… Et encore il aurait pu monter plus haut....
- Vous pensez bien que nous n'avons pas les moyens. Croyez-vous qu'il est possible de négocier ?
- Vous pouvez essayer mais très honnêtement, si vous ne versez pas le prix demandé, d'autres le feront à votre place. »

Le décor est planté. Bienvenue dans les coulisses de la location des terres agricoles dans le Nord Pas-de-Calais.

Ce dialogue est celui que j’ai eu avec un représentant local de CER France, un réseau d’experts-comptables très sollicité par les agriculteurs, en me mettant dans la peau d’un exploitant à la recherche d . . .

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