L’alerte a été donnée il y un an. Mais en toute discrétion. Le plus gros site de production d’eau potable de la région, situé à Aire‐sur‐la‐Lys, près de Saint‐Omer, est victime d’un problème de « non conformité » de l’eau qu’elle fournit notamment à plus d’un tiers de la population de la métropole de Lille. En cause, une toute nouvelle source de pollution : le flufénacet, un herbicide utilisé pour le traitement des céréales d’hiver. Et ce pesticide traîne dans son sillage une molécule qui fait aujourd’hui figure d’une petite bombe sanitaire et économique.
Fin décembre 2024, la direction du Syndicat mixte d’adduction des eaux de la Lys (Smael), qui pilote cette usine, reçoit un résultat d’analyse préoccupant. Le contrôle de l’eau du robinet à Prémesques, près de Lille, affiche un taux de flufénacet qui dépasse la limite de qualité : 0,15 microgramme par litre (µg/l) au lieu de 0,1 μg/l. L’eau est déclarée « non conforme » aux critères de qualité.
Quinze jours plus tard, en janvier, une nouvelle analyse vient confirmer la première. Cette fois, la concentration atteint 0,214 µg/l, soit plus du double de la norme admise. L’eau reste potable mais, une fois détectée, cette pollution nécessite de prendre des mesures pour éviter sa propagation.
Au sein de l’usine, c’est le branle‐bas de combat. « Nous avons augmenté le traitement de l’eau au charbon actif en poudre pour permettre un abattement relatif de ce polluant et redescendre en dessous du seuil d’alerte », avoue le directeur du site, Daniel Defives, contacté par Mediacités. Selon nos …