À Lille, le rectorat bloque la scolarisation de mineurs étrangers

Plus de deux cents adolescents exilés sont actuellement privés d'école dans l’académie de Lille dans l’attente de la confirmation de leur minorité. En cause : le refus du rectorat de les scolariser malgré la mobilisation d'associations et alors que d'autres académies se montrent plus accueillantes.

Chaque dimanche, à Lille, au café Tok’ici, des cours de remise à niveau sont organisés au profit de mineurs étrangers non accompagnés par le Collectif des habitant⸱es indigné⸱es des Bois Blancs. Photo : Emie Duvivier

« Je rêve d’être plombier, mécanicien ou cuisinier », livre Amadou*, 16 ans, originaire de Guinée‐Conakry. « Je veux apprendre à lire, à écrire, et à bien parler français pour communiquer avec les autres », poursuit cet adolescent qui n’a jamais pu accéder aux bancs de l’école dans son pays, faute de moyens. Arrivé à Lille en novembre 2025, il attend toujours que sa minorité soit reconnue par le juge des enfants. Jusqu’à cette décision, il se heurte aux portes closes des établissements scolaires publics en raison du refus du rectorat de l’académie de Lille de les accepter.

Depuis 2024, le collectif de jeunes en recours du quartier des Bois Blancs — en attente de reconnaissance de leur minorité —, multiplie les mobilisations, les rencontres avec le rectorat, et s’échine à rappeler le cadre juridique. « Je n’ai jamais vu des personnes se battre autant pour aller à l’école », témoigne Kalil, 17 ans et délégué du collectif. Mais leurs appels résonnent dans le vide. « Après avoir rencontré le rectorat, j’étais dégoûté. Je n’ai jamais ressenti ce genre de truc », ajoute‐t‐il. Aujourd’hui, le nombre de mineurs étrangers privés de scolarité dans l’académie ne diminue pas. Ils seraient 205 à l’heure de la publication de cet article, d’après les chiffres de l’association lilloise Le Centre de la réconciliation.

Le département du Nord s’affiche comme celui qui accueille le plus de mineurs non accompagnés (MNA) en France. En 2025, ils étaient 375, dépassant même Paris (364) ou les Bouches‐du‐Rhône (311), selon les données du ministère de la Justice. Une réalité qui confère à ce blocage académique des incidences d’autant plus alarmantes. « On parle de centaines de jeunes entre 14 et 18 ans qui sont venus pour apprendre et réussir leur vie, et ça passe par l’école, insiste Juliette Da Lage, membre du Collectif des habitant⸱es indigné⸱es des Bois Blancs. Chaque semaine de cours perdue est un vrai handicap pour eux. »

https://www.mediacites.fr/decryptage/lille/2025/06/06/municipales-2026-la-patate-chaude-des-mineurs-isoles-sinvite-dans-la-campagne-a-lille/
Un droit constitutionnel fondamental
Entre décembre 2024 et juillet …

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Par Emie Duvivier

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