"Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, vous convie à échanger lors d’un cocktail au Matmut Stadium de Gerland, à 18h30. » Ce samedi 4 février 2017, le futur ministre de l’Intérieur joue à domicile, en pleine campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. Le carton d’invitation a été reçu par 120 “VIP”, peu avant le premier grand meeting de son protégé, organisé le même jour au palais des sports de Gerland. Le banquet, réservé aux soutiens du candidat, est facturé au parti En Marche! par le service événementiel du Lou Rugby, gestionnaire du Matmut Stadium.

Un club dont Olivier Ginon, PDG de GL Events, est actionnaire majoritaire. Signe d’une certaine confusion sur le donneur d’ordre, le contrat est d’ailleurs envoyé en copie à un chargé de mission de la ville de Lyon, comme en témoigne un échange de mails issu des Macron Leaks. Jonathan Guémas, alors conseiller au cabinet de Gérard Collomb à la Métropole de Lyon et investi dans la campagne, doit intervenir en précisant que « ce n’est pas la ville de Lyon » qui organise.

L’affaire des ristournes de GL Events dans la campagne d’Emmanuel Macron vient mettre en lumière une longue « amitié » à la lyonnaise. Discrète et feutrée, à l’image de la ville, où s’entremêlent réseaux politiques et économiques. Une lune de miel de vingt ans, émaillée d’opérations immobilières, d’attributions de marché public et de conflits d’intérêts, entre Gérard Collomb, président de l’agglomération et maire de Lyon de 2001 à 2017, et Olivier Ginon, patron de GL Events, devenu en quarante ans l’un des leaders mondiaux de l’événementiel, aujourd’hui proche du milliard d’euros de chiffre d’affaires.

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« GL Events est une des plus grandes et performantes entreprises en matière d’événementiel. Son savoir-faire est aujourd’hui internationalement reconnu, et il n’est donc pas anormal que ce groupe remporte des marchés publics proposés par la ville de Lyon dans le cadre d’appels d’offres européens », défendent la ville de Lyon et la Métropole dans une réponse commune à Mediapart.

« Collomb se dit qu’il a quand même une boîte qui brille à l’international, ça serait bête de ne pas la valoriser »

Actionnaire de club sportif (Lou Rugby), exploitant des plus grosses salles (Eurexpo, Centre de congrès, La Sucrière), organisateur de salons (Sirha) et propriétaire de marques (Bocuse d’Or), GL Events, fondée à Lyon en 1979 par Olivier Ginon, fils d’un grand notaire local, est une institution entre Rhône et Saône. Une véritable success story, soutenue par l’arrivée de Gérard Collomb à la mairie de Lyon en 2001. « Il y a clairement un avant et un après Collomb, qui a toujours assumé le fait d’aider son champion lyonnais », explique un journaliste local. « Il y a un côté pile et un côté face. Collomb se dit qu’il a quand même une boîte qui brille à l’international, ça serait bête de ne pas la valoriser. Le côté face, c’est de valoriser la personne, de faire du copinage. Je pense que Collomb a basculé », lâche un ancien adjoint à la ville de Lyon.

Sous les trois mandats de maire de Gérard Collomb (2001-2017), Olivier Ginon et GL Events, qui proposent une offre complète « intégrée », capable de penser un événement de à A à Z, de la salle à la sono en passant par le traiteur, va tout rafler à Lyon. L’exploitation des plus grosses salles d’abord, avec Eurexpo (premier parc d’expositions français hors de Paris), la salle 3 000 du Centre de congrès (capacité de 4 500 personnes) et La Sucrière (capacité de 4 000 personnes) dans le quartier de la Confluence, où GL Events a installé son nouveau siège social en 2014.

Les marchés publics sur les grands événements ensuite, à l’image de l’Euro 2016 (conception et exploitation de la « fan zone » place Bellecour pour un montant de plus d’1 million d’euros) ou de la Fête des lumières (location et prestation d’éclairage scénique en extérieur pour un montant d’1,9 million d’euros en 2014). L’organisation de salons enfin, à l’image du Sirha, le grand salon international de l’hôtellerie et de la restauration, et ses fameux « Bocuse d’Or » (qui a occasionné une réception à l'Élysée en septembre). Des marques enfin, propriétés de GL Events, déclinées à Genève, Shanghai ou encore Mexico.

« Il faut reconnaître que GL Events offre de bonnes prestations », estime Blandine Peillon, directrice de l’agence lyonnaise Jours de printemps, qui propose des services de conciergerie événementielle. Mais quand GL Events prend le contrôle d’Eurexpo, son agence d’hôtesses d’accueil de l’époque, l’entreprise Charlestown, perd le marché du salon Lyon Mode City. « C’est dur pour les autres. C’est compliqué de se faire une place quand eux possèdent les lieux, ils donnent d’abord à leurs sociétés », explique-t-elle. « Quand quelqu’un vient à Lyon, il deale d’abord avec GL Events qui propose un package complet. Ça pousse les prestataires isolés à innover », admet Blandine Peillon. « On a quand même des marchés avec la ville de Lyon, nuance Renaud Gairard, le président du groupe Meetings, concurrent lyonnais en pleine expansion. Avec une locomotive comme GL, c’est aussi positif pour tout le monde. »

Depuis quelques années, c’est via son club, le Lou Rugby, qu’Olivier Ginon a approfondi ses relations avec la ville de Gérard Collomb. Comme en témoignent les nombreuses subventions dont bénéficie le club, notamment depuis son entrée en Top 14 en 2016. Pour la saison 2017-2018, la Ville de Lyon a ainsi voté une subvention de 600 000 euros au club amateur et une autre subvention de 220 000 euros à la SASP Lou Rugby, la société anonyme sportive professionnelle adossée à l’association. À cela s’ajoute un contrat de prestation de services, essentiellement des achats de place, pour 110 000 euros.

La Métropole de Lyon n’est pas en reste et subventionne le club à hauteur de 250 000 euros au titre de son centre de formation. Total : 1,18 million d’euros d’argent public pour un club qui est la propriété d’une entreprise dont le chiffre d’affaires annuel approche le milliard d’euros.

Les bonnes affaires du Lou Rugby

De fait, plusieurs décisions de la ville de Lyon ont été favorables au club. À commencer par les conditions de son déménagement dans le stade de Gerland, laissé vacant par le départ de l’Olympique lyonnais. Installé sur le stade Vuillermet, propriété de la Ville de Lyon, le Lou signe en 2011 un bail de dix-huit ans avec la commune, actant au passage le principe de son déménagement ultérieur. En 2016, la ville, qui ne veut pas laisser le stade de Gerland inoccupé, presse donc le club de partir et résilie le bail.

Ce départ anticipé ouvre le droit à une indemnité de près de dix millions d’euros versée par la ville au club. Un beau cadeau d’adieu. « C’est scandaleux », s’emporte Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon. « On savait depuis des années que le Lou allait déménager. Pourquoi avoir signé ce bail en 2011 qui nous contraint à verser une telle indemnité aujourd’hui ? », s’interroge-t-elle. « Nous avons payé des dépenses hallucinantes pour le déménagement du Lou. Soit nous avons très mal négocié avec Olivier Ginon, soit ils nous roulent dans la farine, soit c’est volontaire », conclut-elle.

https://twitter.com/tribunedelyon/status/666224348605337601

Pour s’installer à Gerland, le Lou Rugby signe un nouveau bail emphytéotique de soixante ans par lequel la ville met à disposition un ensemble de quinze hectares comprenant le stade et des terrains annexes, contre une redevance annuelle de 300 000 euros. Il est prévu que le club fasse construire un ensemble de bureaux et de commerces, « Les jardins du Lou », sur une surface totale de 28 000 mètres carrés afin de les louer et de s’assurer ainsi un revenu suffisant pour se maintenir en Top 14. Pour compartimenter les risques, le Lou propose de céder ses droits à construction à six SCI, une par futur bâtiment.

Problème, alors que le conseil municipal doit se prononcer sur l’opération en mars 2018, la rémunération de cette cession de droits n’est pas précisée dans la délibération. Surtout, le montage prévoit que 99% des parts des SCI seront possédées par la Foncière Polygone, une société immobilière détenue et présidée par Olivier Ginon. Seul 1% des SCI restera entre les mains du club de rugby. Or la répartition des bénéfices doit être effectuée au prorata des parts détenues par chaque actionnaire. « Autrement dit, là où l’opération est initialement conçue pour rapporter un revenu au club de rugby, elle sert finalement à enrichir l’entreprise d’Olivier Ginon », résume Christophe Geourjon, président du groupe UDI de la Métropole de Lyon.

L’élu soulève le problème et demande des garanties à Georges Képénékian, le successeur de Gérard Collomb à la mairie de Lyon. La délibération est adoptée. Deux jours plus tard, le Lou se fend d’un communiqué, précisant que « les revenus issus, soit de la cession soit de la location de ces immeubles, seront intégralement reversés au Lou Rugby, hors 6% perçus par la foncière ». La répartition ne se fait donc plus au prorata des parts sociales. « En 48 heures, quelques dizaines de millions d’euros de futurs bénéfices ont changé de destinataire », s’étonne Christophe Geourjon. « Je ne suis pas dans le secret des cabinets, mais à mon avis, si personne n’avait rien dit, les choses seraient restées en l’état », estime-t-il. Et la foncière d’Olivier Ginon aurait réalisé une belle opération au passage.

Le traitement du club de rugby par la ville de Lyon n’est que le dernier exemple d’une amitié durable entre Olivier Ginon, son groupe GL Events et la collectivité locale. « GL Events est très présent, voire omniprésent à Lyon », décrit Christophe Geourjon. « Mais il faut quand même admettre qu’ils sont numéro un mondial et qu’ils travaillent correctement. Donc, de là à parler de favoritisme, je ne sais pas », élude le président du groupe UDI. « Il n’y a strictement aucun rapport entre le soutien apporté au Lou Rugby et l’attribution de marchés ou DSP à GL Events, balayent les services de communication de la ville de Lyon et de la Métropole. Nous soutenons de très longue date et bien avant que GL Events en soit l’actionnaire de référence, un club qui participe depuis plusieurs décennies au développement de la pratique sportive sur la Ville et qui contribue à sa renommée. »

« Les élus n’ont pas tous compris ce qui se jouait à l’époque »

L’ascension fulgurante de GL Events au sein du marché de l’événementiel, dans les années 2000, coïncide en tout cas avec l’arrivée de Gérard Collomb à la tête de la ville de Lyon et du Grand Lyon à partir de 2001. L’année 2006, en particulier, voit deux salles parmi les plus importantes de l’agglomération tomber dans l’escarcelle de GL Events.

Cette année-là, la ville de Lyon décide de vendre l’ensemble des parts (34,3%) qu’elle détient dans la Sepel, la société d’exploitation d’Eurexpo. Plus grande salle d’exposition et de salons de France hors région parisienne, le site accueille des salons majeurs, comme le Sirha déjà évoqué. Les parts sont rachetées par la Sepel elle-même, dans le cadre d’une réduction de capital. Alors que GL Events a acheté un an auparavant 30% de la société, l’opération fait mécaniquement passer sa participation à 47% de la Sepel, la CCI de Lyon devenant de son côté actionnaire majoritaire avec 53%.

« C’était une sorte de privatisation, en tout cas un désengagement total de la collectivité », détaille Étienne Tête, avocat au barreau de Lyon et conseiller municipal EELV. Encore adjoint aux marchés publics de Gérard Collomb en 2006, l’élu pointe pourtant en conseil municipal « un formidable cadeau aux actionnaires restants et plus particulièrement à l’actionnaire privé GL Events », et évalue la plus-value « automatique » réalisée par le groupe d’Olivier Ginon à près de quatre millions d’euros. « C’était un montage complexe, les élus n’ont pas tous compris ce qui se jouait à l’époque », estime aujourd’hui Étienne Tête, pour qui GL Events « a bénéficié de ses rapports privilégiés avec les politiques lyonnais ». Douze ans plus tard, en novembre 2017, Eurexpo accueillera le premier congrès de La République en marche, en présence du premier ministre Édouard Philippe et de l’incontournable Gérard Collomb, devenu ministre d’État.

Des conflits d’intérêts en nombre

Toujours en  2006, GL Events obtient une délégation de service publique (DSP) du Grand Lyon pour la gestion et l’exploitation du Centre de congrès de la Cité Internationale. Déjà gestionnaire du palais des congrès depuis 2001 via la SECIL, l’une de ses filiales, le groupe entend maintenir sa présence sur le site, où la communauté d’agglomération vient de faire construire la salle 3000, un amphithéâtre de grande capacité, rendant l’ensemble bien plus rentable.

Deux entreprises proposent leur candidature : la SECIL et la société VEGA. Les deux candidatures sont rejetées par la commission de délégation de service public du Grand Lyon. Celle de la SECIL du fait de « garanties financières insuffisantes », tandis que la commission ne s’estime « pas convaincue » par les « références » et les « compétences » de VEGA. La procédure est donc annulée, et un second appel à candidature est publié. Cette fois, seul GL Events postule directement, et remporte la délégation. « Ce choix a été réalisé à l’issue d’une procédure de DSP classique, dans le plus strict respect du Code des marchés publics. Il convient de préciser que la quasi-totalité des centres des congrès français sont gérés par un prestataire privé au terme d’une procédure de délégation de service public. GL Events est le premier opérateur français de centres des congrès », rappellent la Métropole et la ville de Lyon dans leur réponse commune à Mediapart.

Mais en 2011, la Chambre régionale des comptes (CRC) se penche sur le dossier. Dans leur rapport, les magistrats estiment que « les références professionnelles présentées par le candidat [VEGA], apparaissaient a priori conformes aux exigences posées par l’avis d’appel public à la concurrence », l’entreprise ayant notamment géré plusieurs Zenith à Limoges, Dijon ou Strasbourg, de tailles similaires. « Les garanties professionnelles apportées par la société VEGA semblaient correspondre naturellement aux exigences de la collectivité, et il paraît surprenant qu’un rejet de sa candidature a ce stade ait été pris (…) », poursuit la CRC.

« Caractère manifestement insuffisant et/ou inadapté des publicités réalisées par le Grand Lyon »

La Chambre s’interroge également sur « le caractère manifestement insuffisant et/ou inadapté des publicités réalisées par le Grand Lyon », et relève que la collectivité aurait dû publier un appel à candidature au niveau européen pour attirer le meilleur prestataire possible, ce qu’elle n’a pas fait. Traduction : la mise en concurrence n’a pas été complète. Indirectement, GL Events a donc bénéficié des approximations des services du Grand Lyon. Sans que son quasi-monopole sur les espaces de congrès de la Métropole ne soit remis en cause.

La longue amitié entre Gérard Collomb et Olivier Ginon a aussi vu éclore plusieurs conflits d’intérêts manifestes, régulièrement dénoncés par le magazine Lyon Capitale. En tête de liste, Marie-Odile Fondeur, adjointe à la ville de Lyon entre 2008 et 2014, chargée du commerce, de l’artisanat et du développement économique. Pendant ses années à la mairie, elle a cumulé sa casquette d’élue avec celle de directrice de la branche « Exhibitions » de GL Events et de directrice du Sirha, le grand salon lyonnais de la gastronomie qui se tient tous les deux ans à Eurexpo.

Avec un mélange des genres pour le moins discutable. Comme en 2009, où Marie-Odile Fondeur fait voter une subvention au syndicat de la boulangerie du Rhône, qui s’avère être l’un des partenaires du Sirha. « Il s’agit d’une aide de 20 000 euros sur 30 millions de chiffre d’affaires. Il faut certes faire attention à ce que ça ne se reproduise pas », concédait Olivier Ginon à Lyon Capitale en juillet 2013.

https://twitter.com/OlivierGinon/status/722842969498329092

Christophe Cizeron, directeur de cabinet de Gérard Collomb au Grand Lyon entre 2004 et 2009, est un autre cas révélateur de la proximité entre l’édile lyonnais et GL Events. L’homme était chargé de l’action économique et des politiques de développement les années où les marchés publics d’Eurexpo et de la salle 3000 ont été remportés par Olivier Ginon. En 2009, il est alors recruté par GL Events comme directeur du développement, chargé de négocier les contrats avec les pouvoirs publics.

Une récompense ? GL Events s’en défend et assure qu’il n’a pas traité des affaires lyonnaises. De son côté, la Métropole de Lyon affirme que Christophe Cizeron a saisi la commission de déontologie, qui a rendu un avis favorable, pour valider son départ vers GL Events. Toujours est-il que Christophe Cizeron a pris des galons. Il est depuis 2017 directeur général adjoint à GL Events et président de Lyonbiopôle, un important pôle de compétitivité pharmaceutique.

Enfin, le cas de Richard Brumm, « ami de trente ans d’Olivier Ginon », interpelle. Aujourd’hui premier adjoint de la ville de Lyon et vice-président de la Métropole, l’ancien sarkozyste rallié à Alain Juppé tient à la fois les finances de la ville et de la Métropole. En 2008, il fait figure de prise de guerre à droite de Gérard Collomb, qui en fait son adjoint aux finances.

Mais l’homme est aussi un influent avocat d’affaires lyonnais, fondateur du cabinet Brumm & Associés, qui compte parmi ses clients l’Olympique lyonnais ou encore… GL Events. Richard Brumm portera cette double casquette jusqu’à la fin 2014, où il abandonne officiellement sa robe d’avocat pour se consacrer entièrement à la politique.

Mais l’affaire reste dans la famille, sa propre fille devenant associée du cabinet. « C’était un client relativement important, avec une douzaine de dossiers par an », admet Richard Brumm, joint par Mediapart. « Sur des dossiers essentiellement lyonnais », ajoute le premier adjoint à la ville, qui balaye l’idée d’un conflit d’intérêts. « En tant qu’adjoint aux finances, je n’avais pas de décision à prendre favorable ou défavorable à tel ou tel fournisseur de la Ville », se défend-il. « Vous savez, quand on est né à Lyon et qu’on a tout fait à Lyon, évidemment que je connais tout le monde. Des amis comme Olivier Ginon, j’en avais quand même un certain nombre. »

Les auteurs ont contacté par mail, jeudi 3 mai, les services de communication du ministère de l’Intérieur, pour Gérard Collomb, et de GL Events pour Olivier Ginon. Les services la Métropole et de la ville de Lyon les ont alors contactés, puis leur ont envoyé une réponse commune, mercredi 9 mai. Quant à l’entreprise GL Events, elle n’a pas répondu à leur sollicitation.


logo mediapartMediacités reproduit ici un article publié le 18 mai dernier par Mediapart. Comme ce fut déjà le cas avec la reprise de certaines de nos enquêtes par Mediapart, nous nous réjouissons que le partenariat éditorial noué entre nos deux journaux permette de proposer une information indépendante à un maximum de lecteurs.