Le 17 février dernier, cinq jours après la rixe qui a coûté la vie au militant d’extrême droite Quentin Deranque, Jean‐Michel Aulas est invité dans la matinale de France Inter. Interrogé sur le drame, le candidat de la droite à la mairie de Lyon en profite pour tacler son adversaire écologiste Grégory Doucet sur la vidéosurveillance : « Au début, on [la majorité sortante] était contre ce système et puis maintenant, le maire annonce 290 à 300 caméras. On estime, nous, dans notre programme, qu’il en faudrait 600 [supplémentaires] à la fin du mandat. » En réalité, Grégory Doucet s’est engagé sur le déploiement de 90 nouvelles caméras, alors que, selon les chiffres de la municipalité, le parc actuel en compte 635, dont 30 nomades.
La promesse de Jean‐Michel Aulas n’est pas nouvelle : le 8 décembre 2025, à l’occasion de la Fête des Lumières, il avait déjà annoncé qu’il souhaitait « le doublement du parc de vidéoprotection, pour atteindre 1 200 caméras ». Dans un communiqué, il estimait alors « qu’avec une caméra pour 900 habitants et un policier municipal pour 1 800 habitants, la ville était très en deçà des standards d’une grande métropole européenne ».
Pour le déploiement de 600 nouvelles caméras, il annonçait prévoir une enveloppe comprise entre 6 et 9 millions d’euros, ainsi « qu’un peu plus de 2 millions d’euros » pour assurer le fonctionnement annuel. Des sommes qui ne correspondent pas au programme chiffré présenté par le candidat Aulas le 20 février dernier : dans le document alors diffusé à la presse, l’installation de 600 caméras est estimée à 2 millions d’euros. Et qui, par ailleurs, ne semblent pas vraiment correspondre au prix d’un tel équipement [lire plus bas].