« Il ne suffira plus d’être seulement à la rue » : le coup de pression de la préfecture du Rhône pour vider les centres d’hébergement d’urgence

Depuis la fin de l’année 2025, une nouvelle convention impose aux associations de lutte contre l’exclusion de trier leurs publics selon des critères de vulnérabilité, faute de se voir retirer ou réduire leurs financements. Une attaque en règle du principe de continuité de l'hébergement, dénoncent des professionnels du secteur.

Le centre d'hébergement Gabriel Rosset, géré par le Foyer Notre-Dame des sans-abri, dans le 7e arrondissement de Lyon. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Elle n’en est pas à son coup d’essai. En février 2025, la préfète du Rhône Fabienne Buccio avait tenté de mettre en place une expérimentation pour « favoriser la fluidité du dispositif d’hébergement d’urgence ». L’initiative concernait exclusivement les sites gérés par le bailleur Adoma à Oullins‐Pierre‐Bénite et Vaulx‐en‐Velin et visait à remettre à la rue 72 résidents dont « les vulnérabilités, qui avaient motivé initialement leur admission, n’existaient plus ou que d’autres solutions étaient possibles ». Mais le 11 mars 2025, soit deux semaines plus tard, François Rebsamen, alors ministre de l’Aménagement du territoire, annonçait sa suspension.

C’était compter sans la ténacité de la représentante de l’État dans le Rhône. En juin 2025, juste avant l’été, toutes les associations gestionnaires de centres d’hébergement d’urgence dans le département ont reçu de nouvelles conventions de financement. Envoyées par la préfecture et la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), celles‐ci imposent désormais aux structures de faire signer à leurs résidents des contrats d’hébergement de trois mois renouvelables, contre six mois ou un an auparavant.

Surtout, le document, qu’a pu se procurer Mediacités, demande aux associations de procéder à une réévaluation systématique du niveau de vulnérabilité des personnes hébergées et de faire remonter ces informations aux services de l’Etat. Faute de quoi, elles ne toucheraient pas l’ensemble de la subvention accordée pour l’année en cours. Alors que la trêve hivernale prend fin ce mardi 31 mars et que les nouvelles règles préfectorales sont entrées en vigueur à partir du mois d’octobre dernier, le dispositif

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Temps de lecture : 7 minutes

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Par Margot Hemmerich

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