Respirer l'air du métro nuit à la santé. Un comble pour des transports en commun perçus comme une alternative durable et écologique au tout-bagnole et à ses gaz d'échappement. Patrick Rossi, secrétaire fédéral Santé au travail à la CFDT, est formel : « Le métro est quatre à cinq fois plus pollué que l’air extérieur ». Ancien conducteur dans le métro marseillais, il tente d’alerter les autorités depuis 2003, date de la parution d’une circulaire du ministère de la Santé relative à la qualité de l’air. Le texte recommandait la surveillance de certains polluants – des particules fines pour l’essentiel - présents dans le métro. Une pollution causée, notamment, par l’usure des matériaux lors de la friction des roues avec les freins et le rail. Et depuis ? Pas grand-chose...         

Ces quinze dernières années, les métropoles concernées ont toutes fait réaliser des mesures, à une fréquence très variable. Les résultats sont longtemps restés confidentiels. « Il y a une inquiétude des opérateurs sur la réalité de cette pollution dans le métro, justifie Pierre Hémon, conseiller EELV à la Métropole de Lyon, délégué aux mobilités et administrateur du Sytral, l'organisme chargé des transports de l'agglomération. Il y a aussi la crainte de faire peur aux usagers. »

Car le danger des microparticules est réel : « Les PM10 et les PM2.5, particules ultra-fines, s’infiltrent loin dans les membranes pulmonaires », explique Mario Duval, référent en air intérieur d’Atmo AURA, l’observatoire de la qualité de l’air en Auvergne Rhône-Alpes. « Si elles pénètrent dans l’organisme, on ne peut nier leur impact : risques de cancers, de maladies cardio-respiratoires. C’est pourquoi nous les avons depuis longtemps en ligne de mire. »              

A chaque ville son seuil de tolérance
Face à de tels risques, la réduction des microparticules apparaît comme un enjeu de santé publique. Mais la réglementation en la matière est un vrai casse-tête. Mediacités a tenté d’y voir plus clair.

En théorie, les recommandations sont claires : l . . .

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