L’idée, un peu romantique, a beaucoup circulé dans les médias. À la faveur du premier confinement, les Français ont retrouvé le chemin des fourneaux. Qu'en est-il un an et demi plus tard ? L’engouement pour le « fait maison » du printemps 2020 correspond-il à une tendance éphémère liée aux circonstances ou bien le phénomène dure-t-il encore aujourd’hui ? Une étude publiée en mai 2020 par Santé publique France a confirmé que les foyers tricolores avaient redécouvert « le plaisir de cuisiner à la maison » : 37% des personnes interrogées ont davantage cuisiné pendant la pandémie. Une autre enquête de la fondation Nestlé et de l’institut Ipsos dévoilait, en novembre 2020, que les Français étaient de plus en plus nombreux à se réapproprier leur alimentation quotidienne. Contraintes économiques et de déplacements, ajoutées à une certaine méfiance à l'égard de l'alimentation industrielle, ont conduit les familles à privilégier le « fait chez soi ».

En pleine troisième vague de Covid-19, Mediacités a sondé ses lecteurs, pour savoir s’ils avaient changé leurs habitudes alimentaires ces dernières années, notamment depuis le début de l’épidémie. La centaine de réponses qui nous sont parvenues [lire l'encadré En coulisses ci-dessous], à laquelle nous avons ajouté quelques témoignages complémentaires, confirment assez largement la tendance pointée par les deux études.

Premier enseignement : les cordons bleus n’ont pas tous attendu la crise pour découvrir leur talent culinaire. Le confinement n’a souvent fait que renforcer un goût préexistant. Comme chez Mathieu Leroux, un père de famille breton : « À la base, on mangeait déjà beaucoup à la maison et je faisais beaucoup de choses moi-même, comme les confitures. » Pour lui, la nouveauté du confinement a été de fabriquer son pain. « Sachant que j’étais contraint à un seul lieu, j’ai apprécié de pouvoir changer d’activité », confie-t-il. Il continue à utiliser son levain. « Je fais du pain tous les deux ou trois jours, cela me prend un quart d’heure puis une demi-heure de cuisson, poursuit Mathieu. Le pain que j’achetais était bon, mais j’ai gagné le plaisir de faire moi-même. »

« Cela nous a permis de penser à autre chose, c’était même une manière de gérer nos conflits »

Yoann Fouassier, un Lyonnais de 29 ans, raconte lui aussi avoir . . .

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Armelle Parion
Armelle Parion collabore avec Mediacités Toulouse depuis octobre 2018, enthousiaste d’avoir trouvé un média qui fait la part belle aux enquêtes. Correspondante pendant neuf ans pour le Parisien-Aujourd’hui en France, elle a aussi travaillé pour la radio (Radio France, Radio Solidaire) ainsi que des supports économiques (Touléco) et culturels (Lettre du spectacle).