Avec ses deux tours réfrigérantes en béton et ses douves en bord de Garonne, la centrale de Golfech ressemble à un château fort. Et si vous demandez à en rencontrer le seigneur, on vous aiguillera certainement vers Jean‐Michel Baylet. A 78 ans, l’ancien président du Parti radical de gauche est toujours conseiller départemental du Tarn‐et‐Garonne, propriétaire du journal La Dépêche du Midi, mais aussi maire de Valence d’Agen et président de la Communauté de communes des 2 Rives (CC2R) où se trouve le site nucléaire.
Au printemps 2024, Jean‐Michel Baylet a réuni des dizaines d’élus du territoire autour de l’« Appel de Golfech » : une demande solennelle à l’État d’y construire deux nouveaux réacteurs de type EPR. Pour l’emporter face au site du Blayais (Gironde), la CC2R a embauché Sylvia Pinel. Selon France 3 Occitanie, l’ancienne ministre et proche de Baylet doit promouvoir le territoire auprès d’EDF.
La mutation d’un militant
À trois kilomètres à vol d’oiseau de Valence d’Agen, dans le village de Golfech, les deux réacteurs existants, d’une puissance de 1300 MW, ont été mis en route en 1993, après deux décennies de forte contestation antinucléaire. Fait difficilement imaginable aujourd’hui : Jean‐Michel Baylet en fut pendant des années le chef de file : un opposant incontournable à la centrale. Avant de changer de camp après l’élection de Mitterrand. La mémoire de cette époque mouvementée a été conservée dans un livre édité par le Centre de recherches toulousain sur l’alternative sociale (CRAS), Golfech, Implantation et Résistances.
En mai …