Une réussite mitigée. Voilà comment on pourrait qualifier la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées. L’évolution génétique des individus qui vivent dans le massif menace la perpétuation de la population.
« Le nombre d’individus fondateurs est trop faible », explique Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’ours‐Adet. La commune de Melles, en Haute‐Garonne, s’est portée volontaire pour accueillir le lâcher de Ziva et Mellba, deux ourses slovènes, au printemps 1996.
Un an après, l’ours brun Pyros, venu lui aussi tout droit de Slovénie, était introduit à son tour dans les Pyrénées centrales, loin des sept à huit individus de souche pyrénéenne qui restaient dans le Béarn, à plusieurs centaines de kilomètres de là.
Trois décennies plus tard, le résultat est sans équivoque : « Près de 70 % du patrimoine génétique de la population est généré par un seul mâle, Pyros, et une seule femelle, Hvala, », indiquait l’Office français de la biodiversité (OFB) en 2021. Cette consanguinité réduit la taille des portées et compromet les chances de survie des oursons.
Une bombe génétique
« Il est urgent de désamorcer cette bombe génétique », commente le directeur de l’association pro ours. Le problème est si majeur qu’il ne peut pas attendre la publication de la thèse annoncée par le ministère de l’Écologie sur « la viabilité démo‐génétique de la population d’ours brun …