« J’ai commencé à prendre de la coke en deuxième année de médecine pour tenir le rythme, dévorée par des journées de 8h‐23h et le début des partiels », lâche Laura, 22 ans, assise dans son 9 m² au milieu de ses fiches de révision . Dès les premières prises, les promesses de la cocaïne font déjà effet de stimulant : « Plus mon énergie et ma mémoire se décuplaient, plus j’en consommais », raconte l’étudiante, désormais en quatrième année à la faculté de médecine de Toulouse.
Fournie par ses camarades, Laura alternait cocaïne et cannabis, « seule et plusieurs fois par semaine, notamment lors des périodes intenses de révision ». Mais un an plus tard, l’étudiante déchante : en fin de deuxième année, les bénéfices recherchés de performance et de détente se sont estompés. Après plusieurs crises d’angoisse et une perte de concentration constante, elle décide d’arrêter progressivement sa consommation de drogues.
Son cas est loin d’être isolé, puisque 11 % des moins de 30 ans consomment au moins une fois par mois du cannabis, 8 % de la cocaïne et tout autant de l’héroïne, d’après le baromètre 2025 d’Ipsos sur les addictions chez les jeunes de 16–30 ans.
« Il n’existe pas de données sur la population étudiante », regrette Marie Jauffret‐Roustide, sociologue spécialiste des drogues à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. En Occitanie aussi, le sujet est passé à la trappe dans les études scientifiques. Mais l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a établi que l’expérimentation du cannabis est bien plus élevée chez les hommes adultes en …