Surchauffe du bâtiment Gina : l’opérateur de Nantes Métropole se défend

Le bâtiment Gina, sur l'île de Nantes, avec en arrière-plan le nouveau CHU. Photo : Samuel Hauraix / Mediacités

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Par Thibault Dumas

Mi-juillet, Mediacités révélait que les bureaux du « bâtiment totem » qui jouxte le futur CHU sur l’île de Nantes grimpent jusqu’à 37 degrés lors des canicules. Son propriétaire LOD, un satellite de la Métropole, assume son choix architectural, tout en confirmant la pose d’un système de climatisation.

Ils étaient environ 150 invités sur la photo de l’inauguration du bâtiment Gina, le 19 juin 2025 sur l’île de Nantes, à quelques mètres du chantier du futur CHU. Au premier rang, on trouvait la maire‐présidente (PS) de Nantes Métropole Johanna Rolland, le président de la CCI Nantes‐Saint‐Nazaire, Yann Trichard, ou le directeur général du CHU de Nantes. Soit les principaux initiateurs du projet, présenté sur six étages comme le « lieu totem » du quartier d’innovation en santé en gestation.

Un peu plus d’un an plus tard, silence radio. Aucun d’entre eux, ni même un responsable de ces institutions, n’a réagi publiquement pour défendre les choix politiques, techniques et architecturaux d’un bâtiment à 19 millions d’euros à la pointe de l’éco-conception… où la température peut monter jusqu’à 37 degrés avec 55 % d’humidité lors des canicules, comme l’a révélé une enquête de Mediacités, publiée mi‐juillet. Finalement, la réponse officielle incombe à Loire Océan Développement (LOD), la société d’économie mixte satellite de la Métropole, qui est propriétaire de Gina.

« On n’avait pas anticipé une telle chaleur » : le raté de Gina, « bâtiment totem » de l’île de Nantes

« Solutions à faible empreinte carbone »

Son communiqué d’une page et demie au ton très technique, voire techno, a été publié ce 22 juillet sous le titre : « Note d’information sur la performance et le confort thermique de l’immeuble Gina ». Et comme son directeur opérationnel Florent Turck, qui s’était exprimé dans notre article, il assume les choix initiaux. « Notre priorité absolue a été, dès l’origine, de réduire drastiquement les besoins énergétiques en amont, en privilégiant des solutions passives à faible empreinte carbone », peut‐on lire.

« Le bâtiment intègre ainsi des dispositifs tels que l’inertie thermique, des protections solaires et une sur‐ventilation nocturne [qui ne fonctionne qu’en dessous de 23 degrés la nuit, NDLR]. Nous avons optimisé la performance intrinsèque du bâtiment pour limiter le recours aux énergies actives. » Autrement dit : sans installer de climatisation. Plusieurs architectes questionnés par Mediacités avaient relevé en outre la problématique de la structure bois et de la façade à ossature bois (FOB) de l’édifice, qui ont « peu d’inertie thermique ». 

Le bâtiment Gina, sur l’île de Nantes, avec en arrière‐plan le chantier du nouveau CHU. Photo : Samuel Hauraix / Mediacités

Pompe à chaleur en vue

« Notre priorité est donc d’ajuster le bâtiment à ces épisodes de canicules “XXL” tout
en maintenant cette exigence de frugalité », indique cependant LBO. Qui a engagé plusieurs études, notamment sur l’installation de « systèmes de rafraîchissement via une pompe à chaleur (PAC) air‐eau branchée sur les dalles actives », c’est-à-dire des tubes d’eau qui sont déjà coulés sur la dalle en béton. Les travaux seront finalisés « d’ici le printemps 2027 ».

Les trois quarts des 5 500 m² du bâtiment sont destinés à la location, principalement à 32 acteurs de la santé, du secteur public aux start‐ups (comme le Gérontopole des Pays de la Loire), mais également, hors santé, à une agence d’architecture ou une société de conseil en gestion d’affaires. 

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