Verdir pour verdir n’est pas une fin en soi. Le plan 100 000 arbres de Jean‐Luc Moudenc avait pour objectif de rafraichir la ville et de lutter contre les ilots de chaleur urbains. Six ans plus tard, plus de 110 000 plants ont été mis en terre. « Peu importe le chiffre, on peut même planter beaucoup plus, ou moins, mais mieux », remarque Aurélien Albert.
Paysagiste et gérant de Gama, à la tête du groupement d’écologues et paysagistes embauchés en 2021 pour aider la mairie à définir et mettre en œuvre le « Plan arbre », il concède s’être interrogé sur cet engagement chiffré, mais assure que l’équipe s’est vite affranchie de cette contrainte : « Nous, nous nous sommes attachés à, identifier les endroits où cela pouvait aider la biodiversité, apaiser les îlots de chaleur, contribuer à la qualité de vie dans les quartiers ».
Avec ses collègues, il estime que la mairie de Toulouse s’est ralliée à leur approche et a pleinement investi le projet. Leurs témoignages laissent tout de même transparaître le regret d’avoir dû réviser leurs objectifs à la baisse pour concilier contraintes techniques et budgétaires (8,2 millions d’euros dédiés au plan arbre pour la période 2020–2026, selon la mairie), désirs des habitants, impératifs politiques des élus de quartier et du chef du capitole qui, lui, gardait un œil sur le compteur.
Des îlots de chaleur délaissés
L’objectif affiché, selon la communication municipale, était de planter « là où la trame verte est la plus faible et où les îlots de chaleur urbains (ICU) sont les plus forts ».