Ils encaissent la quasi-totalité de  la dose annuelle de radiations reçue dans les 19 centrales nucléaires françaises. C’est le prix à payer pour les près de 30 000 sous-traitants d’EDF. Eux-mêmes se qualifient de « viande à rems », ancienne unité de mesure de la radioactivité. Si formellement, ces intervenants extérieurs ont, comme les agents d’EDF, droit au suivi médical, en pratique, leurs examens n’ont rien à voir avec ceux des statutaires. Ces derniers sont suivis une fois par an par un médecin à demeure sur le site nucléaire, alors que les sous-traitants, plus exposés aux radiations, ont droit à un rendez-vous médical par an pour les catégories A (20 millisieverts/an) et une visite tous les deux ans pour les catégories B (5 mSv/an) par des médecins extérieurs au groupe et pas toujours très au fait des risques encourus. Ils ne bénéficient pas non plus des mêmes conventions collectives. Pour la sociologue Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et chercheuse associée au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle à l’université Paris 13, ces travailleurs forment « un continent invisible ».

Dans vos recherches, vous vous êtes intéressée aux premiers travailleurs du nucléaire des sites militaires d’Hanford et d’Oak Ridge, aux Etats-Unis. Qu’avez-vous découvert ?

Les travailleurs de ces deux sites avaient été suivis par le docteur Thomas Mancuso. En mars 1975, ce médecin commence à faire apparaître certains résultats. Mais son travail a été interrompu par les autorit . . .

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