Vos travaux universitaires vous ont conduit à qualifier la démocratie locale de « système féodal ». Pourquoi ?

Il faudrait sans doute relativiser un peu ce constat, que j’ai dressé en 2002, notamment depuis la loi sur la limitation du cumul des mandats de 2014. Néanmoins, les bases demeurent. Au niveau local, il n’y a pas de séparation entre le pouvoir exécutif et délibératif. De plus, les élus locaux s’inscrivent dans le temps long, sans réel contre-pouvoir de l’opposition. Cette longévité favorise le clientélisme. D’où ce terme de système féodal, structuré comme un millefeuille de fiefs où le pouvoir s’exerce de manière plus forte que démocratique. On peut aussi parler de « présidentialisme local ». Regardez le fonctionnement des conseils municipaux. En théorie, il fonctionne selon un régime d’assemblée où les conseillers élisent un maire. Dans les faits, c’est le maire qui compose son équipe.

Le pouvoir est donc excessivement concentré, selon vous, dans les collectivités territoriales ?

Oui. Elles sont avant tout dirigées par une triade composée du président (ou du maire), de son directeur de cabinet et de son directeur général des services. Les autres élus en dépendent. En même temps, la capacité d’agir des maires ou présidents de collectivités territoriales est limitée par l’enchevêtrement des compétences et la tendance à la recentralisation initiée par le président Macron. Les lois anti-cumuls et l’ampleur du renouvellement des députés en 2017 créent un autre problème : l’arrivée de novices en politique, d’élus « hors-sol » sans expérience locale. Ceci pose la question du lien entre pouvoir national et local, de l’équilibre entre le centre et la périphérie.

La

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