« Je suis très, très mal, j'ai le sentiment d'être loin, d'être exclu, je dois m'adapter à des méthodes de travail qui ne m'ont pas fait avancer, au contraire ; j'ai l'impression qu'on régresse. » Cette parole d'un agent du conseil régional des Hauts-de-France - et bien d'autres au goût amer - ont été compilées par la section syndicale SUD-Solidaires de la collectivité, dans un rapport dont Mediacités vous révèle la teneur en avant-première.

Ce document, intitulé «Malaise à tous les étages», a été remis au président Xavier Bertrand le 13 avril dernier. SUD-Solidaires y dresse un portrait sévère de l'institution, un peu plus d'un an après l'acte de fusion de la Picardie et du Nord-Pas de Calais : « La machine politique n'a pas fixé de cap, ce qui génère un fonctionnement des services dénué de sens. La machine hiérarchique est censée piloter une réorganisation au pas de charge mais le dialogue social est inexistant. La qualité du service public se détériore et les agents souffrent dans leur coin. »
L'impression d'être « des boys », « des pions »

Les témoignages reproduits sont forts. « Le flou, le flou, le flou » nimbe la marche de l'institution. « On ne sait rien, on ne sait pas où on va, ni comment on va y  », résume un salarié. Les changements annoncés sont très lents à venir. Les répondants à l'enquête ressentent aussi du mépris - l'impression d'être juste « des boys », « des pions » - venant tantôt des élus, tantôt des responsables de services. « On n'est plus une personne avec un . . .

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